Alors que la France traverse une vague de chaleur exceptionnelle, le ministre de l’Intérieur a fait état d’une intensification des arrestations liées aux départs de feu. Ce samedi 11 juillet, Laurent Nuñez a indiqué sur le réseau social X que trente-deux personnes suspectées d’être à l’origine de départs d’incendie avaient été interpellées par la Gendarmerie dans vingt-deux départements. Il s’agit d’une nette progression par rapport au précédent bilan, qui faisait état de six arrestations quelques jours plus tôt.
Une canicule persistante aggrave les risques Depuis près d’un mois, les températures caniculaires s’abattent sur l’Hexagone, favorisant la propagation des feux de forêt. Dans les Pyrénées-Orientales, un incendie majeur a parcouru 4 900 hectares de végétation près de Perpignan, entraînant l’évacuation de 12 000 personnes. Le feu, parti de la commune de Trévillach dans la soirée du samedi 4 juillet, a mobilisé jusqu’à 800 sapeurs-pompiers. Ces derniers ont eu recours à des « feux tactiques » – des contre-feux allumés pour circonscrire les flammes –, une stratégie qui s’est révélée efficace sur le flanc est de l’incendie. En revanche, les conditions météorologiques défavorables (températures élevées, faible hygrométrie, vents changeants) ont empêché sa mise en œuvre à la tête du sinistre, menaçant le massif des Aspres.
Le bilan humain de cet incendie fait état de onze blessés légers, dont sept pompiers. Une vingtaine de maisons ont été endommagées dans le village de Rodès. Par ailleurs, l’organisme Atmo Occitanie a relevé un épisode de pollution aux particules fines, recommandant aux personnes vulnérables ou sensibles de limiter leurs efforts physiques.
Des interpellations en hausse Le 7 juillet, le ministre de l’Intérieur avait déjà annoncé l’arrestation de six personnes « susceptibles d’avoir eu une action » sur des départs de feu dans le sud de la France. Quatre jours plus tard, le nombre de suspects appréhendés a été multiplié par plus de cinq, portant le total à trente-deux. Laurent Nuñez a prévenu : « La réponse de l’État sera implacable envers tous ceux qui, volontairement ou par imprudence, mettent en danger nos territoires, nos concitoyens et celles et ceux qui les protègent. »
Cette déclaration intervient alors que les autorités multiplient les appels à la vigilance. Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, a détaillé la lutte contre le feu lors d’un point presse, saluant l’efficacité des contre-feux mais pointant les difficultés persistantes liées aux conditions météorologiques.
Un été déjà marqué par les flammes Selon les bilans officiels, plus de 25 000 hectares ont brûlé depuis le début de l’année en France, un chiffre en forte hausse par rapport à 2025. Le mois de juillet 2026 s’annonce déjà comme l’un des plus dévastateurs pour les forêts, rappelant la séquence de 2022. Les enquêtes de la gendarmerie se poursuivent pour déterminer les circonstances exactes de chaque départ de feu et établir d’éventuelles responsabilités pénales.
Les trente-deux personnes interpellées sont actuellement en garde à vue. Le ministre de l’Intérieur a réaffirmé la détermination du gouvernement à lutter contre ce fléau, en renforçant les moyens de surveillance et de répression.