Les locaux du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille-Provence ont fait l'objet de perquisitions le mardi 30 juin, ont confirmé plusieurs sources concordantes. L'opération s'inscrit dans une enquête préliminaire ouverte par le Parquet national financier (PNF) pour des faits présumés de favoritisme, de corruption et de trafic d'influence commis en bande organisée.
Des investigations ciblant l'organisation d'un sommet Europe-Afrique
Selon les informations recueillies, les investigations judiciaires portent sur les conditions d'organisation du sommet Europe-Afrique, un événement diplomatique de premier plan. Ce sommet aurait été monté en partenariat avec le journal La Tribune, un titre appartenant à l'armateur et homme d'affaires Rodolphe Saadé, également à la tête du groupe CMA CGM. Les magistrats du PNF cherchent à déterminer si des liens d'intérêt ou des contreparties induites ont présidé aux choix des partenaires et des prestataires retenus pour cet événement.
Une enquête en bande organisée
Les qualifications retenues dans le cadre de cette enquête — corruption, favoritisme et trafic d'influence en bande organisée — témoignent du degré de gravité des soupçons. Le caractère organisé suppose une préméditation et une coordination entre plusieurs protagonistes, ce qui alourdit le cadre pénal de l'affaire. Les perquisitions menées simultanément dans les deux collectivités territoriales visent à recueillir des documents, des correspondances et des éléments comptables permettant d'établir la réalité des échanges et des décisions contestées.
Les collectivités concernées
Le département des Bouches-du-Rhône et la métropole Aix-Marseille-Provence sont deux des plus importantes collectivités de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. La première est présidée par Martine Vassal, également à la tête de la métropole jusqu'à récemment. La seconde, présidée par Jean-Marc Zulesi depuis juillet 2025, gère un budget de plusieurs milliards d'euros et supervise des compétences clés comme les transports, l'urbanisme ou le développement économique. L'implication de ces deux structures dans l'organisation d'un sommet international soulève des questions sur les circuits de décision et les éventuels conflits d'intérêts.
Le rôle du Parquet national financier
Le Parquet national financier, saisi de l'affaire, est spécialisé dans la lutte contre la délinquance économique et financière complexe. Son intervention dans ce dossier confirme la dimension sensible des faits, qui impliquent des fonds publics et des relations entre collectivités territoriales et acteurs privés. Aucune mise en examen n'a été annoncée à ce stade. Les investigations se poursuivent pour déterminer l'étendue exacte des manquements allégués.
Pas de commentaire des autorités locales
Les présidences du département et de la métropole n'ont pas souhaité s'exprimer publiquement sur le déroulement des perquisitions ni sur le fond de l'enquête. Les services concernés se sont contentés de rappeler leur coopération avec les autorités judiciaires. L'affaire pourrait prendre une ampleur politique dans un territoire déjà marqué par des scandales à répétition et des tensions entre élus locaux.
Une enquête qui pourrait s'étendre
Si les investigations confirment les soupçons, les personnes impliquées risquent des peines lourdes : la corruption et le trafic d'influence en bande organisée sont passibles de dix ans d'emprisonnement et d'une amende de 150 000 euros, voire davantage selon les circonstances. L'enquête du PNF devrait également examiner les flux financiers et les éventuelles commissions occultes liées aux contrats passés pour le sommet. L'affaire suit son cours dans le cadre de l'instruction préliminaire, sans date butoir pour l'instant.