Le maire de Nice et député Éric Ciotti a officiellement demandé, dans un courrier adressé au ministre de l’Intérieur Sébastien Lecornu, le limogeage de Philippe Tabarot, ministre des Transports, qu’il accuse de menaces graves proférées à son encontre.
Des propos tenus en marge d’une visite présidentielle
Les faits se seraient produits le 14 juin 2026 à Nice, à l’occasion d’un déplacement conjoint du président de la République Emmanuel Macron et du Premier ministre indien Narendra Modi. Selon le récit d’Éric Ciotti, Philippe Tabarot l’aurait interpellé publiquement et traité de « nabot ». Plus grave encore, le ministre des Transports lui aurait déclaré qu’il allait « le faire disparaître » en lui « envoyant des Géorgiens ». Ces paroles auraient été prononcées en présence de témoins, précise l’élu niçois dans sa lettre.
Une lettre officielle à Sébastien Lecornu
Dans ce document, dont l’existence a été confirmée par plusieurs sources, Éric Ciotti qualifie les agissements du ministre de « comportements d’une gravité exceptionnelle ». Il souligne que ces menaces, qu’il décrit comme de type « mafieux », n’ont « pas leur place dans notre démocratie ». Le député des Alpes-Maritimes enjoint donc le ministre de l’Intérieur de « prendre toutes les mesures qui s’imposent », et en particulier de « mettre fin aux fonctions ministérielles de Monsieur Philippe Tabarot ».
Aucune réaction officielle du ministre accusé
Pour l’heure, Philippe Tabarot n’a pas réagi publiquement aux accusations portées contre lui. Le ministre des Transports, ancien sénateur, est membre du gouvernement dirigé par François Bayrou. Son silence n’a pas été commenté par ses services.
Des relations déjà tendues dans les Alpes-Maritimes
Cette confrontation intervient dans un contexte politique local déjà marqué par des rivalités. Éric Ciotti, figure de la droite dure, a quitté Les Républicains pour fonder l’UDR (Union des droites pour la République). Il préside également la métropole Nice Côte d’Azur. Philippe Tabarot, également élu des Alpes-Maritimes, est un soutien de longue date de la majorité présidentielle. Les deux hommes incarnent des lignes politiques opposées, ce qui peut contribuer à expliquer la virulence de l’altercation.
Une demande qui reste sans suite pour l’instant
Aucune information n’a filtré, à ce stade, sur une éventuelle saisine des services du Premier ministre ou de l’Élysée. La demande de révocation formulée par Éric Ciotti n’a pas été suivie d’effet dans l’immédiat. Le ministère de l’Intérieur, destinataire du courrier, n’a pas communiqué sur le sujet.
Des précédents de tensions verbales en politique
Ces échanges virulents rappellent que les relations interpersonnelles au sommet de l’État peuvent parfois déraper. Plusieurs affaires de menaces ou d’insultes entre responsables politiques ont défrayé la chronique ces dernières années. Reste à savoir si cette saisine aura des conséquences disciplinaires ou judiciaires. En l’état, aucun dépôt de plainte n’a été évoqué par les protagonistes.