L’ancien haut responsable américain John Bolton s’apprête à plaider coupable
John Bolton, qui fut l’un des plus proches conseillers de politique étrangère du président Donald Trump avant de devenir l’un de ses critiques les plus virulents, doit comparaître vendredi devant un tribunal fédéral du Maryland pour y reconnaître sa culpabilité dans une affaire de mauvaise gestion de documents classifiés.
L’ancien conseiller à la sécurité nationale devrait admettre un chef unique de rétention illégale d’informations classifiées, selon des personnes informées des termes de l’accord conclu avec les procureurs. Cet accord, qui doit encore être validé par un juge, prévoit une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans ainsi qu’une amende supérieure à deux millions de dollars, d’après ces mêmes sources.
Des notes destinées à un ouvrage polémique
Les faits reprochés à John Bolton concernent les notes qu’il avait rédigées en vue de « The Room Where It Happened », son livre de mémoires publié en 2020 dans lequel il réglait ses comptes avec Donald Trump. Ces notes contenaient, selon l’accusation, des informations relevant de la défense nationale.
L’acte d’accusation initial, qui comportait dix-huit chefs, lui reprochait d’avoir utilisé sa messagerie électronique personnelle et une application de messagerie pour partager plus d’un millier de pages de notes avec deux membres de sa famille ne possédant pas d’habilitation de sécurité. Les personnes informées du dossier ont précisé qu’il s’agissait de son épouse et de sa fille.
Une enquête ayant traversé deux administrations
L’enquête sur John Bolton a débuté sous la première administration Trump et s’est accélérée sous celle de Joe Biden, à mesure que les enquêteurs rassemblaient des preuves supplémentaires. L’ancien conseiller avait initialement présenté les poursuites comme une tentative du président en exercice d’utiliser le ministère de la Justice pour s’en prendre à ses adversaires politiques. Les faits eux-mêmes, notent les observateurs, ont été instruits par des équipes ayant travaillé sous deux présidents de bords politiques opposés, ce qui relativise cette lecture.
Si John Bolton avait refusé l’accord et été reconnu coupable à l’issue d’un procès, il aurait théoriquement pu encourir plusieurs décennies de prison. Le plaider-coupoyant lui permet d’éviter ce risque, tout en acceptant une peine significative.
Un parcours marqué par les engagements sécuritaires
John Bolton, figure connue pour ses positions très dures en matière de politique étrangère, a été ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies entre 2005 et 2006 sous la présidence de George W. Bush, puis conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump de 2018 à 2019. Depuis son départ de la Maison-Blanche, il s’est imposé comme un commentateur conservateur critique de l’ancien locataire de la Maison-Blanche.
L’audience de vendredi devant le tribunal de Greenbelt, dans le Maryland, devrait permettre de formaliser la procédure. Le juge devra approuver ou non les termes du plaider-coupable, avant qu’une peine définitive ne soit prononcée ultérieurement.