John Bolton, qui fut le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a plaidé coupable vendredi 26 juin d’un chef de détention illégale d’informations classifiées. Inculpé au départ de dix-huit chefs pour mauvaise gestion de documents sensibles, il avait initialement plaidé non coupable. Cet aveu marque une étape décisive dans une procédure qui dure depuis plusieurs mois.

Selon les termes de l’accord conclu avec les procureurs, M. Bolton devra payer une amende de 2,25 millions de dollars, effectuer cent heures de travaux d’intérêt général et participer à des réunions de débriefing avec les services de renseignement américains au sujet des documents qu’il avait conservés. La peine maximale encourue est de cinq ans d’emprisonnement, mais la sentence définitive sera prononcée le 28 octobre prochain.

Lors de l’audience, M. Bolton a reconnu avoir gardé des passages de son journal intime contenant des informations relevant de la défense nationale, dont certaines au niveau « top secret ». Selon les éléments lus par le juge, il a également transmis certaines de ces notes à des membres de sa famille. Interrogé sur la véracité des faits, M. Bolton a répondu : « Je l’ai fait, votre Honneur », avant d’ajouter qu’il en était « désolé ».

La procureure des États-Unis, Kelly Hayes, a souligné après l’audience que M. Bolton connaissait parfaitement les règles encadrant le traitement des documents classifiés et les risques pour la sécurité nationale. « Néanmoins, comme M. Bolton vient de l’admettre, il a mis notre sécurité nationale en grave danger en violation de la loi », a-t-elle déclaré.

Contexte et antécédents

M. Bolton, qui fut limogé de l’administration Trump en 2019, est devenu depuis un critique virulent de l’ancien président. En 2020, il a publié un ouvrage intitulé « The Room Where It Happened », dans lequel il brosse un portrait très négatif de M. Trump. La Maison-Blanche avait alors tenté d’en bloquer la publication, arguant qu’il contenait des informations classifiées. Un juge avait rejeté cette demande et le livre était paru quelques jours plus tard. Le ministère de la Justice avait ensuite ouvert une enquête pour savoir si M. Bolton avait divulgué des documents sensibles dans ce livre.

L’acte d’accusation faisait également état d’un incident au cours duquel un pirate informatique aurait eu accès au compte où étaient stockés les documents et aurait proféré une menace, évoquant « le plus grand scandale depuis les fuites de courriels d’Hillary Clinton ».

Des poursuites dans un climat politique tendu

L’inculpation de M. Bolton s’inscrit dans une série de poursuites pénales visant des critiques de Donald Trump, parmi lesquelles l’ancien directeur du FBI James Comey et la procureure générale de New York Letitia James. Des experts juridiques ont toutefois indiqué que le dossier Bolton se distinguait par la solidité des preuves rassemblées par les procureurs, rendant la position de l’ancien conseiller difficile à défendre.

Ce plaider-coupable intervient alors que M. Bolton avait jusqu’ici nié les faits. Il met fin à une procédure qui a opposé un ancien haut responsable de la sécurité nationale à l’administration qu’il a jadis servie.