L'émotion était à son comble, ce dimanche 8 juin, lors d'un échange tendu entre le garde des Sceaux et des parents d'élèves, alors que l'affaire Lyhanna continue de susciter une vive indignation dans le pays. Dans une séquence diffusée en direct, deux personnes, identifiées comme Linda et Clément, ont directement interpellé Gérald Darmanin sur les dysfonctionnements présumés de l'appareil judiciaire dans le traitement du dossier de la fillette de 5 ans, retrouvée morte fin mai dans le Gard.
Des parents ulcérés
« Qu'est-ce qu'on fait, pour l'amour du ciel ? Jusqu'où ça va aller ? », a lancé Linda, visiblement bouleversée, s'adressant au ministre. Sa question faisait écho à l'incompréhension générale suscitée par la lenteur de la procédure. De son côté, Clément a fait part de son exaspération : « Stop les mots, ça suffit, ça fait quarante ans qu'on les entend. » Une charge qui traduit un sentiment d'impuissance et de colère partagé par une partie de l'opinion publique.
Le ministre reconnaît un « dysfonctionnement total »
Gérald Darmanin n'a pas esquivé la critique. Il a d'abord qualifié de « dysfonctionnement total » le fait que, pendant neuf mois, le principal suspect dans cette affaire n'ait été ni placé en garde à vue ni entendu par les enquêteurs. Sans entrer dans le détail des faits, le garde des Sceaux a reconnu que ce délai était inacceptable et a promis des mesures.
« Je suis contre la peine de mort, mais je suis pour la perpétuité réelle », a-t-il ensuite déclaré, précisant sa position sur les peines applicables aux crimes les plus graves. Revenant sur la nature des infractions, le ministre a également affirmé : « Je pense que les pédocriminels sont incurables. » Une prise de position ferme qui intervient alors que le suspect principal, un homme de 60 ans, était connu des services de police pour des faits de même nature.
Des annonces attendues
Au-delà des déclarations, le chef de la chancellerie a annoncé avoir convoqué les procureurs généraux dès le lundi 9 juin pour faire la lumière sur les failles révélées par le dossier Lyhanna. Il a également indiqué que des rassemblements étaient prévus devant les tribunaux, signe de l'onde de choc provoquée par cette affaire dans tout le pays.
Les propos tenus par les parents lors de cet échange illustrent l'attente forte de la société civile en matière de protection de l'enfance et d'efficacité judiciaire. Pour beaucoup, l'émotion suscitée par la mort de Lyhanna ne doit pas rester sans lendemain, et les annonces du ministre seront scrutées de près dans les jours à venir.
Un dossier sensible
La petite Lyhanna, 5 ans, avait été enlevée puis tuée dans des circonstances particulièrement sordides. Le principal suspect, un voisin, avait déjà été condamné pour agression sexuelle sur mineur. Les révélations sur la durée de l'enquête préliminaire, sans audition ni mesure coercitive pendant neuf mois, ont provoqué une onde de choc, des manifestations de colère et un débat national sur les moyens alloués à la justice.