Keir Starmer a officialisé sa démission de son poste de Premier ministre ce lundi, mettant fin à près de deux années à la tête du gouvernement britannique. Il s’est présenté devant les journalistes en milieu de matinée, devant le 10 Downing Street, pour faire cette annonce attendue.

Le départ du dirigeant travailliste, âgé de 63 ans, intervient alors que la pression de ses propres troupes était devenue intenable. Plus d’une centaine de députés du Labour, soit environ un quart du groupe parlementaire, exigeaient son départ, selon des informations de l’agence Press Association. Plusieurs poids lourds de son équipe ministérielle, dont la cheffe de la diplomatie Yvette Cooper, l’auraient exhorté à fixer une date de sortie.

L’étincelle qui a précipité la chute de Starmer a été la victoire de son rival interne Andy Burnham lors d’une élection législative partielle le 18 juin. Ce succès a propulsé Burnham à la Chambre des communes et en a fait un prétendant crédible à la direction du parti et du gouvernement. Dès le vendredi précédant la démission, Starmer avait pourtant déclaré qu’il se battrait pour conserver le pouvoir.

Un contexte économique et politique morose

Arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une large victoire électorale, Starmer avait hérité d’un pays marqué par quatorze années de gouvernements conservateurs. Mais les espoirs de redressement se sont rapidement heurtés à une réalité économique tenace : croissance atone, hausse persistante du coût de la vie, et des promesses non tenues. La popularité du Premier ministre n’a cessé de s’éroder.

Plusieurs décisions controversées ont également écorné son image. Ainsi, la nomination de Peter Mandelson au poste d’ambassadeur à Washington s’est soldée par un limogeage neuf mois plus tard, après la révélation de ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein. Début mai, le Labour avait subi de lourdes pertes lors des élections locales, signe avant-coureur du désaveu.

Réactions et instabilité chronique

Le président américain Donald Trump avait pris pour acquise, dès dimanche, l’imminence de la démission. Sur sa plateforme Truth Social, il avait écrit : « Keir Starmer va démissionner », tout en critiquant sa gestion des dossiers de l’immigration et de l’énergie, appelant à exploiter le pétrole de la mer du Nord. Trump a souhaité « le meilleur » au dirigeant britannique.

Avec le départ de Starmer, le Royaume-Uni va connaître son septième Premier ministre en une décennie, une rotation inédite dans l’histoire politique moderne du pays. La vacance du pouvoir relance l’incertitude sur la direction que prendra le Labour et, plus largement, le pays.

La passation de pouvoir et l’identité du successeur de Starmer à la tête du parti et du gouvernement restent les questions immédiates qui agitent Westminster.