Ce lundi 22 juin 2026, un rapport d’inspection rédigé par les services de l’inspection générale de la gendarmerie nationale et de l’inspection de la justice a été remis à 11 heures au Premier ministre, selon les services de Matignon. Ce document fait suite à l’affaire Lyhanna, une fillette dont le décès a suscité une vive émotion et des interrogations sur le traitement des violences sexuelles faites aux enfants.
Des éléments accablants sur la gestion d’une plainte
D’après des informations révélées par plusieurs titres de presse, le rapport met en évidence un délai préjudiciable dans la prise en charge d’une plainte déposée en août 2025. Cette plainte émanait de la mère de Rosa, une enfant de 10 ans, qui accusait Jérôme Barella – l’homme également mis en cause dans la mort de Lyhanna – de l’avoir violée à plusieurs reprises. Les inspecteurs auraient constaté que des occasions d’intervenir plus tôt ont été manquées, bien que le rapport n’ait pas encore été rendu public dans son intégralité.
Des fautes individuelles ou des défaillances systémiques ?
Le gouvernement, par la voix de plusieurs ministres, tend à attribuer ces dysfonctionnements à des erreurs individuelles plutôt qu’à un problème structurel. Cependant, des collectifs féministes et des associations de défense des droits de l’enfant dénoncent depuis plusieurs semaines un manque chronique de moyens et une organisation défaillante des institutions dans le traitement des violences sexuelles. Ils appellent à des réformes profondes et non à des sanctions ponctuelles.
Des mobilisations prévues ce lundi
À l’appel de ces collectifs, de nouvelles manifestations sont programmées dans plusieurs villes ce lundi soir. Les organisateurs réclament la publication intégrale du rapport et des mesures concrètes pour éviter que de telles situations ne se reproduisent. Ils entendent maintenir la pression sur l’exécutif, alors que le Parlement a déjà observé une minute de silence pour Lyhanna et que plusieurs annonces gouvernementales ont été faites ces dernières semaines, notamment la promesse d’une loi intégrale contre les violences sexuelles.
Un contexte politique tendu
L’affaire Lyhanna a provoqué des échanges vifs dans l’hémicycle, notamment entre la présidente du groupe La France insoumise, Mathilde Panot, et le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, lors d’une séance à l’Assemblée nationale le 17 juin. La mère de Lyhanna a également annoncé une plainte contre l’État, tandis que la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a déploré une instrumentalisation de cette affaire. Des auditions de ministres – Gérald Darmanin et Laurent Nuñez – ont eu lieu au Sénat le 9 juin, où une inspection avait été promise sous quinze jours, promesse tenue ce lundi.
Le rapport remis aujourd’hui devrait permettre d’éclairer les responsabilités précises, mais les associations redoutent qu’il ne serve qu’à désigner quelques boucs émissaires sans s’attaquer aux causes profondes. Les prochains jours diront si l’exécutif entend donner suite aux recommandations des inspections.