Keir Starmer a officialisé ce lundi 22 juin 2026 sa démission de la tête du gouvernement britannique et du Parti travailliste, mettant fin à un mandat de deux ans. Devant sa résidence officielle du 10 Downing Street, il a déclaré avoir entendu « la réponse de mon parti parlementaire » à la question de savoir s'il était « le mieux placé » pour mener le Labour lors de la prochaine élection générale. Il a accepté cette réponse « avec bonne grâce ».
Une popularité en déclin
Arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire écrasante aux législatives, Keir Starmer a vu sa cote de popularité s'effondrer. Les hausses d'impôts, les coupes dans les dépenses publiques et les difficultés à améliorer des services publics jugés défaillants ont nourri le mécontentement. Les élections locales du mois de mai ont constitué un avertissement sévère, le Labour ayant perdu près de 1 500 conseillers municipaux et le contrôle de 38 conseils, plusieurs circonscriptions basculant vers le parti Reform UK.
Le facteur Andy Burnham
La pression sur le Premier ministre est devenue intenable après la victoire d'Andy Burnham, ancien maire de Manchester, lors d'une élection partielle dans le nord-ouest de l'Angleterre. Ce succès a permis à M. Burnham, figure populaire au sein du Labour, d'obtenir un siège à Westminster et de se positionner en candidat crédible à la direction du parti. Son retour en politique nationale est largement considéré comme le déclencheur de la décision de M. Starmer.
Un calendrier serré
M. Starmer restera en fonction jusqu'à ce que son successeur soit désigné. Il a précisé que les candidatures seront ouvertes le 9 juillet et clôturées avant la pause parlementaire estivale. En cas de compétition, le vainqueur sera connu avant la reprise des travaux parlementaires en septembre. Pour se présenter, un candidat doit recueillir le soutien de 20 % des députés travaillistes, soit 81 parlementaires. Il doit également obtenir l'appui d'organisations locales du parti et de syndicats affiliés. Si un seul candidat atteint ce seuil, il est élu sans vote et devient automatiquement Premier ministre.
Un sixième Premier ministre en dix ans
Cette démission marque le sixième changement de locataire du 10 Downing Street en une décennie. La séquence a débuté avec David Cameron après le référendum sur le Brexit en 2016, suivie de Theresa May, Boris Johnson, Liz Truss, Rishi Sunak et désormais Keir Starmer. Chacun de ces prédécesseurs a quitté ses fonctions sous la pression de son propre camp ou du pays.
Un héritage contrasté
Dans son discours d'adieu, M. Starmer a défendu son bilan, mettant en avant une économie « plus forte, qui croît plus vite que nos pairs », des salaires en hausse, la fin de l'austérité, la réduction des listes d'attente à l'hôpital public, l'augmentation des droits des travailleurs et des locataires, et la baisse des traversées de la Manche par les migrants. Il s'est dit convaincu d'avoir « changé la Grande-Bretagne pour le mieux » et a promis son « soutien total et sans équivoque » à son successeur.