L’ancien maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, se retrouve de nouveau face aux juges. À compter de ce lundi et jusqu’au 12 juin, la cour d’appel de Lyon examine le dossier pour lequel il avait été lourdement condamné en première instance, le 1er décembre 2025. Les faits, qualifiés d’« extrême gravité » par le parquet lors du premier procès, mêlent chantage, homophobie et manœuvres politiciennes.
Gaël Perdriau avait écopé de cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, pour avoir tenté de faire chanter l’un de ses adjoints, Gilles Artigues, à l’aide d’une sextape compromettante. L’objectif affiché de cette manœuvre était de l’empêcher de se présenter aux prochaines élections municipales. L’ex-édile, qui a toujours contesté les faits, a fait appel de cette décision. Il partage désormais le même avocat que Nicolas Sarkozy, Me Paul-Albert Iweins, une coïncidence que les observateurs relèvent alors que les deux hommes politiques sont confrontés au délit d’association de malfaiteurs.
Une stratégie de défense qui vise l’ex-bras droit
Pour tenter d’infirmer la condamnation, la défense de Gaël Perdriau met en avant le rôle de son ancien directeur de cabinet, Alexandre Hidaire. Ce dernier a été condamné dans la même affaire à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis. L’accusation soutient au contraire que le maire était à la manœuvre et que son entourage n’a fait qu’exécuter ses ordres. Le parquet général de Lyon devrait requérir une peine similaire à celle prononcée en première instance.
L’affaire avait éclaté en septembre 2022, après la publication d’un échange audio compromettant. On y entend Gaël Perdriau évoquer un plan visant à nuire à Gilles Artigues en utilisant une vidéo intime. Ce scandale a provoqué une onde de choc dans la vie politique stéphanoise et conduit à la démission de l’élu de ses fonctions exécutives. Depuis, il a été remplacé par la présidente de Saint-Étienne Métropole.
Un précédent judiciaire qui alimente le débat sur l’association de malfaiteurs
Ce procès en appel intervient dans un contexte où plusieurs personnalités politiques sont confrontées à ce même délit. Nicolas Sarkozy a été condamné en première instance à trois ans de prison, dont un an ferme, pour association de malfaiteurs dans l’affaire des écoutes. Les deux dossiers posent une question juridique centrale : un élu peut-il être poursuivi pour association de malfaiteurs lorsque le projet délictueux est lié à des fins politiques ?
Les auditions prévues cette semaine devraient permettre d’entendre à nouveau une dizaine de témoins, dont Gilles Artigues, la victime du chantage. La cour d’appel de Lyon rendra sa décision à une date ultérieure, qui n’a pas encore été fixée.
En attendant, Gaël Perdriau reste libre sous contrôle judiciaire. Son avocat a indiqué qu’il ne ferait aucune déclaration publique avant la fin du procès.