Le parquet de Lyon a requis, le 12 août 2026, une peine de cinq ans de prison, dont trois ans ferme, à l'encontre de Gaël Perdriau, ancien maire de Saint-Étienne, jugé en appel pour une affaire de chantage à la sextape. Cette réquisition intervient alors que la défense a ouvert une offensive juridique dès les premières heures de l'audience.
Une offensive procédurale de la défense
Dès l'ouverture du procès en appel, les avocats de Gaël Perdriau ont contesté la régularité de la procédure. Ils ont notamment soulevé des exceptions de nullité, arguant que certaines pièces du dossier auraient été obtenues de manière irrégulière. Ces arguments, déjà présentés en première instance, visent à obtenir l'annulation de tout ou partie de la procédure. La cour d'appel de Lyon doit se prononcer sur ces demandes avant d'aborder le fond de l'affaire.
Les conseils de l'ancien édile ont également critiqué la qualification juridique retenue, estimant que les faits ne relèvent pas du chantage mais d'une simple « manœuvre politique » sans intention de nuire. Ils ont plaidé pour une requalification des faits, susceptible d'atténuer la responsabilité pénale de leur client.
Des réquisitions sévères
Le ministère public a, de son côté, maintenu une ligne ferme. Il a requis une peine de cinq ans de prison, dont trois ans ferme, assortie d'une période de sûreté. Le parquet a également demandé une interdiction définitive d'exercer toute fonction publique, ainsi qu'une inscription au bulletin n° 2 du casier judiciaire. Ces réquisitions sont identiques à celles prononcées en première instance, où Gaël Perdriau avait été condamné à la même peine.
L'accusation a souligné la gravité des faits : « Il s'agit d'une instrumentalisation des institutions à des fins personnelles, d'une violence morale inouïe envers une personne vulnérable », a déclaré le procureur lors de son réquisitoire. Le parquet a également insisté sur le caractère prémédité de l'action, Gaël Perdriau ayant, selon l'accusation, planifié le chantage avec l'aide de son ex-directeur de cabinet.
Un procès sous haute surveillance
L'audience se déroule sous haute tension. Plusieurs témoins doivent être entendus, dont l'ancien directeur de cabinet de Gaël Perdriau, déjà condamné en première instance pour complicité. La partie civile, représentée par la victime présumée, a réclamé des réparations substantielles, sans en préciser le montant.
Le procès en appel doit s'achever dans les prochains jours. La cour d'appel de Lyon rendra son arrêt à l'issue des débats. En attendant, Gaël Perdriau reste libre, sous contrôle judiciaire. Il avait été condamné en première instance à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour avoir tenté de faire chanter l'un de ses adjoints, à l'aide d'une sextape compromettante, afin de l'empêcher de se présenter à la mairie.
Un précédent judiciaire
Cette affaire, qui a éclaboussé la vie politique stéphanoise, a déjà valu à Gaël Perdriau une condamnation en première instance en 2025. Il avait été reconnu coupable de chantage et de complicité de chantage. Son ex-directeur de cabinet avait également été condamné à une peine de prison avec sursis.
L'ancien maire, qui a toujours clamé son innocence, a fait appel de cette décision. Il conteste notamment la sincérité des témoignages et la régularité des écoutes téléphoniques ayant conduit à son inculpation. Son avocat a dénoncé un « acharnement judiciaire » et une « instrumentalisation politique » de l'affaire.
Le verdict en appel est attendu avec impatience par les observateurs politiques, car il pourrait sceller définitivement l'avenir politique de Gaël Perdriau. En cas de condamnation confirmée, il serait inéligible et ne pourrait plus briguer aucun mandat électif.