Les gouvernements australien et canadien ont officialisé un accord portant sur la fourniture d'un système de radar transhorizon avancé, d'une valeur de 1,8 milliard de dollars américains, soit environ 1,5 milliard d'euros. L'annonce a été rendue publique le 22 juin 2026.

Ce dispositif, dont l'Australie est le concepteur et le fournisseur, a été présenté comme « l'épine dorsale » de la surveillance longue distance. Il permettra au Canada de détecter et de suivre des cibles aériennes et maritimes bien au-delà de l'horizon radar conventionnel, offrant ainsi une capacité de veille stratégique sur des zones très étendues, notamment dans le Grand Nord et les approches arctiques.

Un partenariat stratégique renforcé

L'accord s'inscrit dans le cadre d'un renforcement des liens de défense entre les deux pays membres du Commonwealth et du réseau de partage de renseignement Five Eyes. Il témoigne d'une volonté commune d'accroître les capacités de surveillance dans un contexte géopolitique marqué par des tensions croissantes dans l'Indo-Pacifique et dans l'Arctique, où la Russie et la Chine multiplient les activités militaires.

Le système australien de radar transhorizon, également connu sous le nom de Jindalee Operational Radar Network (JORN) dans sa version opérationnelle, est réputé pour sa capacité de détection sur des distances pouvant atteindre plusieurs milliers de kilomètres. Il utilise les réflexions des ondes radio sur l'ionosphère pour « voir » au-delà de la courbure terrestre, une technologie particulièrement adaptée à la surveillance des espaces maritimes et aériens vastes et peu densément équipés de capteurs.

Des retombées industrielles attendues

Au-delà de l'acquisition proprement dite, le contrat devrait générer des retombées économiques et technologiques pour les deux pays. Des clauses de transfert de technologie et de participation de l'industrie canadienne à la fabrication et à la maintenance du système sont intégrées à l'accord. Les autorités des deux capitales ont souligné que cette coopération favorisera l'innovation et la création d'emplois qualifiés dans le secteur de la défense.

Le Canada, qui dispose du deuxième plus vaste territoire au monde et d'un long littoral sur trois océans (Atlantique, Pacifique et Arctique), cherche à moderniser ses capacités de surveillance afin de mieux protéger sa souveraineté, notamment dans l'Arctique, une région dont l'importance stratégique ne cesse de croître en raison du réchauffement climatique et de l'ouverture de nouvelles routes maritimes.

Un signal dans un contexte de tensions

Cet accord intervient alors que plusieurs nations occidentales accélèrent leurs dépenses militaires et cherchent à développer des capacités de détection avancées face à des menaces balistiques, hypersoniques et aériennes. Le radar transhorizon australien est perçu comme un atout majeur pour contrer ces menaces, car il offre un temps d'alerte accru par rapport aux radars classiques.

Les gouvernements d'Anthony Albanese (Australie) et de Mark Carney (Canada) n'ont pas fait de déclaration conjointe détaillée au moment de la signature, mais des responsables proches du dossier ont indiqué que le calendrier de livraison s'étalerait sur plusieurs années, avec une montée en puissance progressive des capacités opérationnelles. Le montant total de 1,8 milliard de dollars inclut l'équipement, la formation, l'installation et le soutien logistique sur la durée du contrat.