Près de six mois après le drame, la douleur et la colère restent intactes. La mère d'Elias, cet adolescent de 14 ans tué d'un coup de machette à Paris en janvier 2025 pour le vol de son téléphone portable, s'est exprimée publiquement ce lundi. Elle tire la sonnette d'alarme sur le déroulement de la procédure judiciaire.
« L'institution judiciaire se moque de moi », a-t-elle lancé, déplorant un sentiment d'abandon et d'impuissance. Elle affirme ne pas obtenir les réponses attendues sur l'avancée de l'enquête et réclame une audience avec les juges chargés du dossier. « Je veux les regarder dans les yeux. Je veux savoir ce qui se passe », a-t-elle ajouté.
"Des prédateurs connus des juges des enfants"
Au-delà du suivi de l'enquête, la mère de l'adolescent a vivement critiqué le système judiciaire pour mineurs. Elle estime que la mort de son fils aurait pu être évitée. « Notre enfant a été assassiné par des prédateurs qui étaient connus des juges des enfants », a-t-elle accusé, suggérant que les suspects, bien que mineurs, étaient déjà suivis par la justice pour des faits antérieurs.
Selon ses déclarations, plusieurs des mis en cause étaient déjà sous le coup de mesures éducatives ou judiciaires avant le passage à l'acte mortel. Elle dénonce un « laisser-faire » et s'interroge sur l'efficacité des dispositifs de prévention et de suivi pour les jeunes délinquants.
Un drame qui avait ému la capitale
Les faits remontent au mois de janvier 2025. Elias, un collégien, avait été sauvagement attaqué en pleine rue dans le quartier de la Goutte d'Or (18ᵉ arrondissement) par un groupe de jeunes qui tentaient de lui voler son téléphone. Il avait succombé à un coup de machette, provoquant une onde de choc dans la capitale et au-delà. Plusieurs suspects, tous mineurs, avaient été interpellés dans la foulée et placés en détention provisoire.
Une demande de rendez-vous restée sans réponse
La mère d'Elias explique avoir tenté par plusieurs canaux d'obtenir un rendez-vous avec les magistrats instructeurs, sans succès. Elle dit se heurter à une forme de silence administratif qui nourrit son sentiment d'abandon. « On nous laisse dans le flou. On ne nous dit rien », a-t-elle confié. Elle envisage de saisir la hiérarchie judiciaire pour faire entendre sa voix.
Le parquet de Paris n'a pas officiellement réagi à ces déclarations. L'enquête, confiée à la brigade criminelle, se poursuit. Les investigations portent notamment sur les circonstances exactes du passage à l'acte et l'éventuelle préméditation.
Un débat relancé sur la justice des mineurs
Ce nouveau témoignage remet sur le devant de la scène le débat récurrent sur la prise en charge judiciaire des mineurs multirécidivistes. Plusieurs voix, y compris au sein de la classe politique, s'étaient déjà élevées après la mort d'Elias pour dénoncer une supposée « impunité » des jeunes délinquants et appeler à une réforme de l'ordonnance de 1945 relative à l'enfance délinquante.
La mère de la victime, sans entrer dans le débat politique, insiste sur son unique combat : obtenir justice pour son fils et comprendre comment un tel drame a pu se produire malgré les signalements qui, selon elle, existaient. « Je ne veux pas que cela se reproduise », a-t-elle conclu.