L'OCDE a publié de nouvelles projections économiques qui traduisent une inquiétude croissante face aux conséquences de l'instabilité au Proche-Orient. L'organisation internationale estime désormais que la croissance du produit intérieur brut mondial se limitera à 2,8 % cette année dans un scénario de référence, et pourrait même chuter à 2,1 % si le conflit s'intensifiait et se prolongeait.

Des prévisions assombries par la guerre

Selon les économistes de l'institution, la guerre déclenchée le 28 février dernier a provoqué une hausse significative des prix de l'énergie, ce qui pèse sur l'activité économique mondiale. Cette flambée des coûts énergétiques affecte directement les chaînes d'approvisionnement et le pouvoir d'achat des ménages, freinant la consommation et l'investissement. L'OCDE prévient que plusieurs pays, notamment ceux fortement dépendants des importations d'hydrocarbures, pourraient basculer en récession si les hostilités se poursuivaient.

La France également concernée

L'organisation se montre particulièrement pessimiste pour l'économie française. Dans ses nouvelles estimations, la croissance hexagonale a été révisée à la baisse, sans que le niveau exact soit précisé dans les documents diffusés. Cette dégradation s'explique par la combinaison d'une inflation persistante, d'une demande intérieure affaiblie et des répercussions du contexte géopolitique sur les échanges commerciaux. L'Hexagone, comme d'autres pays européens, subit de plein fouet l'augmentation des factures énergétiques et les incertitudes pesant sur les exportations.

Des scénarios contrastés selon l'évolution du conflit

L'OCDE a élaboré deux scénarios principaux. Le premier, qualifié de central, table sur une poursuite modérée des tensions et anticipe une croissance mondiale de 2,8 %. Le second, plus sombre, envisage une escalade majeure qui réduirait la progression de l'économie mondiale à 2,1 %, soit le rythme le plus faible enregistré depuis plusieurs années hors crise sanitaire. Dans ce cas de figure, plusieurs économies émergentes et développées connaîtraient une contraction de leur PIB, plongeant dans une récession technique.

Un appel à la coordination internationale

L'organisation multilatérale appelle les gouvernements à renforcer leur coopération pour atténuer les chocs économiques. Elle recommande notamment de diversifier les sources d'approvisionnement énergétique, d'accélérer la transition vers les renouvelables et de mettre en place des filets de protection sociale pour les populations les plus vulnérables. L'OCDE souligne que l'incertitude géopolitique constitue désormais le principal risque pour les perspectives de croissance à court terme, devant les tensions inflationnistes et les déséquilibres budgétaires.

Un contexte déjà fragilisé

Avant même le déclenchement des hostilités fin février, l'économie mondiale faisait face à des vents contraires : une inflation encore élevée dans plusieurs régions, des politiques monétaires restrictives et une fragmentation des échanges. Le conflit au Moyen-Orient est venu aggraver ces fragilités, en perturbant les routes maritimes et en faisant grimper le prix du pétrole et du gaz. Les économistes de l'OCDE estiment que la reprise post-pandémique, déjà inégale, est désormais menacée par ce nouveau choc.

Des conséquences durables

Si le conflit devait s'installer dans la durée, les répercussions ne se limiteraient pas à l'année en cours. L'OCDE prévoit des effets de second tour sur l'investissement et l'emploi, avec une possible remontée du chômage dans les secteurs les plus exposés, comme le transport, la logistique et l'industrie manufacturière. Les pays en développement, souvent plus vulnérables aux fluctuations des prix des matières premières, pourraient subir des dommages économiques et sociaux durables, creusant encore les inégalités mondiales.

Réactions prudentes des marchés

Les annonces de l'OCDE ont été accueillies avec prudence par les milieux financiers. Les indices boursiers ont légèrement reculé dans les heures suivant la publication, tandis que le pétrole est resté proche de ses récents sommets. Les analystes estiment que les prévisions de l'organisation confirment les craintes qui alimentent la volatilité des marchés depuis plusieurs semaines, sans pour autant provoquer de panique. L'attention se tourne désormais vers les prochaines réunions des banques centrales, qui pourraient ajuster leur politique monétaire en fonction de l'évolution du conflit.