L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a rendu public, ce mardi 30 juin, son examen annuel de la situation économique de la France. Le constat est sans appel : les finances publiques du pays se sont nettement dégradées et exigent un effort d’assainissement « important et durable », selon les termes employés par l’institution.

Des chiffres dans le rouge

L’étude souligne que le déficit budgétaire français s’établit à 5,1 % du produit intérieur brut (PIB) pour l’année 2025, soit le deuxième taux le plus élevé de l’Union européenne, derrière la Belgique (5,2 %). Parallèlement, la dette publique atteint 117,5 % du PIB à la fin du premier trimestre 2026, contre 115,7 % trois mois plus tôt, selon les données de l’Insee. Ce ratio place la France au troisième rang des pays les plus endettés de l’UE, après la Grèce et l’Italie.

Un scénario inquiétant à long terme

L’OCDE avertit que, en l’absence de mesures correctrices, la trajectoire de la dette pourrait devenir explosive : le ratio dette sur PIB atteindrait 203 % à l’horizon 2060. Cette projection illustre l’urgence pour la France de rétablir la soutenabilité de ses comptes publics.

Des réformes structurelles attendues

Au-delà du seul redressement budgétaire, l’organisation préconise une série de réformes visant à renforcer l’emploi et la productivité. Elle juge nécessaire de concilier discipline budgétaire et réformes structurelles pour assurer une croissance durable. Le rapport insiste sur la crédibilité du plan de consolidation, qui doit être perçu comme fiable par les marchés et les partenaires européens.

Un contexte budgétaire sous tension

La France, deuxième économie de la zone euro, voit sa marge de manœuvre budgétaire se réduire sous l’effet de dépenses publiques élevées et d’une croissance atone. L’OCDE rappelle que la réduction du déficit doit passer à la fois par une maîtrise des dépenses et par des mesures en faveur de l’activité économique. Le rapport ne fixe pas d’objectif chiffré précis pour le déficit à court terme, mais insiste sur la nécessité d’un effort soutenu dans la durée.

Un appel à l’action du gouvernement

L’exécutif français est désormais invité à traduire ces recommandations en actes. L’OCDE souligne que le calendrier est serré, alors que la procédure de déficit excessif engagée par la Commission européenne impose à la France de présenter un plan de correction budgétaire dans les prochains mois. La crédibilité de ce plan sera déterminante pour la confiance des investisseurs et pour la position de la France au sein de l’Union.