Le cours de l'or a franchi à la baisse le seuil symbolique des 4 000 dollars l'once ce mercredi 24 juin, une première depuis le mois de novembre. L'once, soit 31,1 grammes, s'échangeait à 3 987,72 dollars, soit environ 3 509 euros, selon les dernières cotations. Cette dégringolade marque un recul de 28 % par rapport au sommet atteint en janvier, lorsque le métal jaune culminait à 5 600 dollars.
Des facteurs macroéconomiques défavorables
Plusieurs éléments expliquent cette baisse continue. La perspective d'un relèvement des taux directeurs aux États-Unis pèse lourdement sur l'attractivité de l'or. En effet, des taux américains plus élevés renforcent le rendement des obligations d'État, offrant aux investisseurs une alternative plus rémunératrice. Par ailleurs, le dollar s'est apprécié face aux autres devises, ce qui rend les achats d'or, libellés en monnaie américaine, plus coûteux pour les détenteurs d'autres devises. Selon plusieurs analystes, le contexte inflationniste lié au conflit au Moyen-Orient a également contribué à cette pression baissière.
Une demande institutionnelle qui résiste
Malgré ce repli, l'or conserve le soutien des banques centrales. Les institutions financières publiques ont accéléré leurs acquisitions au cours du premier trimestre, atteignant leur plus haut niveau depuis plus d'un an. Cette demande institutionnelle contraste avec la frilosité des investisseurs particuliers et des fonds spéculatifs, qui se détournent du métal précieux au profit d'actifs plus liquides.
Un signal baissier pour le marché
La baisse enregistrée chaque jour depuis plusieurs séances constitue une première depuis novembre. Pour les spécialistes, une telle séquence est généralement interprétée comme le signe d'une entrée en phase baissière durable. Le président-directeur général de la Monnaie de Paris, Marc Schwartz, a néanmoins rappelé que « l'or ne devrait pas être vu comme un investissement de court terme. Sa performance tient à sa détention sur le long terme ».
Quelles perspectives ?
L'évolution du cours dépendra désormais des décisions des banques centrales, en particulier de la Réserve fédérale américaine, et de l'évolution du conflit au Moyen-Orient. Si la tendance actuelle se poursuit, l'or pourrait tester des niveaux encore plus bas, mais le soutien des banques centrales et la demande physique pourraient limiter l'ampleur du repli.