La section disciplinaire de l’université Lyon 2 a infligé une mesure d’interdiction d’exercice d’une durée de dix-huit mois, sans maintien du traitement, à l’encontre de Julien Théry, professeur d’histoire médiévale. La sanction fait suite à la diffusion, par ce dernier, d’un document intitulé « liste de génocidaires à boycotter », qui a suscité des accusations d’antisémitisme à son encontre.

Les faits à l’origine de la procédure

Au cours des derniers mois, l’universitaire avait relayé une liste de personnalités qualifiées de « génocidaires », appelant à leur boycott. La publication de ce document a provoqué des réactions au sein de la communauté universitaire et au-delà, plusieurs voix dénonçant un contenu antisémite. La direction de l’établissement avait alors saisi la section disciplinaire, estimant que les propos de l’enseignant enfreignaient son obligation d’exemplarité.

La décision disciplinaire

À l’issue de son examen, la juridiction interne de l’université a retenu un « manquement au devoir d’exemplarité » de la part de Julien Théry. La peine prononcée est une interdiction totale d’exercer ses fonctions, que ce soit l’enseignement ou la recherche, pour une période de dix-huit mois. Pendant ce laps de temps, le professeur ne percevra aucun salaire. Cette sanction est l’une des plus lourdes que puisse prononcer une instance disciplinaire universitaire.

Des accusations d’antisémitisme

Le contenu de la liste diffusée par Julien Théry a été interprété par certains comme relevant de l’antisémitisme, ce qui a conduit à des plaintes et à une couverture médiatique importante. L’intéressé a toujours réfuté ces accusations, assurant que son initiative s’inscrivait dans une volonté de dénonciation d’actes qu’il qualifie de génocidaires. La section disciplinaire ne s’est toutefois pas prononcée sur le fond de ces accusations, mais a fondé sa décision sur le non-respect des obligations déontologiques du fonctionnaire.

Les suites possibles

Julien Théry dispose d’un délai pour contester la décision devant le conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche. À ce stade, ni l’intéressé ni sa défense n’ont indiqué s’ils comptaient faire appel. L’université Lyon 2, de son côté, n’a pas commenté cette sanction au-delà de la notification officielle. La suspension, effective immédiatement, prive le campus lyonnais d’un enseignant spécialiste du Moyen Âge pour une durée d’un an et demi.