L'équipe de France masculine de football a eu recours à plusieurs avions utilisés par l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) américaine pour ses trajets lors de la Coupe du monde 2026, qui se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Cette information, révélée par des documents de transport aérien et des témoignages, a été confirmée par plusieurs sources proches de l'organisation.
Les appareils, qui avaient précédemment servi à des opérations d'expulsion de migrants vers différents pays, ont été mis à disposition de la délégation française par les autorités locales dans le cadre du dispositif logistique de la compétition. Il n'est pas précisé si la Fédération française de football (FFF) ou le staff des Bleus étaient informés de l'usage antérieur de ces avions.
Cette révélation intervient dans un contexte politique tendu, alors que l'administration Trump a intensifié les expulsions massives de sans-papiers depuis le début de l'année 2025. L'ICE est au cœur de nombreuses controverses pour ses méthodes jugées brutales par des organisations de défense des droits humains. L'utilisation de ces mêmes appareils par une sélection nationale, symbole de l'excellence sportive, a provoqué des réactions contrastées.
Des questions sur les conditions de transport
Les sources consultées indiquent que les vols ont eu lieu entre la France et les différentes villes hôtes de la compétition, sans préciser le nombre exact de trajets ni les dates. La délégation française aurait emprunté ces avions à plusieurs reprises, selon les informations disponibles. Les appareils, reconnaissables à leur immatriculation civile mais propriété de l'ICE, sont régulièrement affrétés pour des missions d'éloignement.
Interrogée sur ce sujet, la FFF n'a pas souhaité commenter immédiatement. Le ministère des Sports français n'a pas non plus réagi publiquement. Aux États-Unis, l'ICE et le département de la Sécurité intérieure n'ont pas répondu aux demandes d'éclaircissement.
Des précédents dans l'organisation de grands événements
L'utilisation d'avions gouvernementaux ou militaires pour transporter des équipes sportives lors de grandes compétitions n'est pas nouvelle. Cependant, le fait que ces appareils soient liés à des opérations de reconduite à la frontière confère une dimension politique à cette affaire. Plusieurs ONG ont dénoncé un « manque de considération » envers les migrants, tandis que d'autres estiment que la France n'avait pas forcément le choix dans le cadre du protocole imposé par le pays hôte.
La Coupe du monde 2026, qui se tient dans un climat de vives tensions migratoires aux États-Unis, voit ainsi son organisation logistique entachée par cette polémique. Les Bleus, finalistes de l'édition 2022, poursuivent leur parcours dans le tournoi sans que cette affaire n'ait perturbé leurs performances sur le terrain.
Vers des explications officielles ?
Des voix s'élèvent pour demander des comptes aux autorités françaises et américaines. Plusieurs parlementaires français ont réclamé une enquête sur les conditions de transport de la délégation. Il est encore trop tôt pour savoir si ces révélations auront un impact sur l'image de l'équipe de France, traditionnellement associée à des valeurs d'ouverture et de solidarité.
En attendant, les supporters français, dont beaucoup critiquent la politique migratoire de Washington, s'interrogent sur la manière dont leurs joueurs ont été acheminés d'un stade à l'autre. Une affaire qui rappelle que le sport de haut niveau n'est jamais totalement coupé des réalités politiques et sociales.