La Commission européenne a infligé une amende record de 550 millions d'euros à la plateforme de e-commerce chinoise AliExpress, pour avoir failli à son devoir de contrôler la vente de produits illégaux sur son site. Cette sanction, annoncée ce lundi, est la plus lourde jamais prononcée par l'Union européenne dans le cadre du règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), entré en vigueur en 2024.

L'enquête menée par Bruxelles a révélé qu'AliExpress avait permis la mise en vente d'un grand nombre de contrefaçons, ainsi que de produits dangereux pour les consommateurs européens. Parmi les articles incriminés figurent des jouets ne répondant pas aux normes de sécurité, des vêtements contrefaits, des cosmétiques nocifs et des ustensiles de cuisine potentiellement dangereux. La Commission reproche à la plateforme de ne pas avoir mis en place des mesures adéquates pour détecter et retirer ces offres illicites.

La troisième sanction sous le DSA en un an

Cette amende record s'inscrit dans une série de mesures coercitives prises par l'Union européenne pour faire respecter le DSA, qui impose aux grandes plateformes en ligne des obligations renforcées en matière de sécurité des consommateurs et de lutte contre les contenus illégaux. Il s'agit de la troisième sanction infligée par Bruxelles en moins d'une année, après celles visant le réseau social X et la plateforme Temu, également dans le collimateur des autorités européennes pour des manquements similaires.

AliExpress juge la sanction « disproportionnée »

De son côté, AliExpress a qualifié l'amende de « disproportionnée » et a laissé entendre qu'elle pourrait contester la décision. La plateforme souligne avoir déjà pris des mesures pour renforcer ses contrôles et coopérer avec les autorités européennes. Elle dispose désormais d'un délai de trois mois pour se conformer pleinement au règlement, sous peine de se voir infliger des astreintes financières supplémentaires.

Des implications pour le commerce en ligne

Cette affaire illustre la fermeté croissante de l'Union européenne à l'égard des géants du commerce électronique, en particulier ceux basés hors de l'UE, concernant la protection des consommateurs. Le DSA prévoit des amendes pouvant atteindre jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires annuel mondial des entreprises en infraction. Pour AliExpress, filiale du groupe chinois Alibaba, cette amende représente un signal fort envoyé à l'ensemble du secteur.