Moins d'une semaine après avoir relevé son principal taux d'intérêt à 2,25 % pour contrer une inflation galopante, la Banque centrale européenne (BCE) pourrait durcir encore sa politique monétaire dès le mois prochain. Joachim Nagel, le président de la Bundesbank, a indiqué que l'institution est prête à procéder à un nouveau relèvement des taux lors de sa réunion de juillet si les circonstances le justifient.

« Nous sommes prêts à augmenter à nouveau les taux en juillet si nécessaire », a affirmé le responsable allemand. Ses propos interviennent alors que l'économie européenne subit les contrecoups du conflit en Iran, qui a provoqué une flambée des prix de l'énergie et une hausse généralisée des coûts de production. L'inflation dans la zone euro s'est établie nettement au-dessus de l'objectif de 2 % fixé par la BCE, poussant l'institution à durcir sa politique monétaire.

Un tournant monétaire inattendu

La BCE avait relevé son taux directeur pour la première fois depuis 2023, passant de 2 % à 2,25 %, lors de sa réunion des 10 et 11 juin 2026. Cette décision, motivée par la persistance de tensions inflationnistes liées au conflit iranien, a surpris une partie des marchés qui anticipaient un statu quo. Joachim Nagel a expliqué que la BCE suivra de près l'évolution des prix et de l'activité économique avant de se prononcer sur une éventuelle nouvelle hausse.

« Nous disposons d'outils pour réagir rapidement si l'inflation ne revient pas vers notre cible de manière durable », a-t-il ajouté. Le dirigeant de la Bundesbank n'a pas précisé l'ampleur d'une éventuelle augmentation, mais a souligné que la priorité reste la stabilité des prix.

Contexte iranien et perspectives

L'envolée des cours du pétrole et du gaz, provoquée par les perturbations des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient, a alimenté l'inflation dans toute la zone euro. Les banques centrales nationales, réunies au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE, sont divisées sur la nécessité d'une nouvelle action. Certains membres plaident pour une approche prudente, tandis que d'autres, comme Joachim Nagel, jugent qu'une intervention rapide est impérative pour éviter un emballement des prix.

Les économistes surveillent désormais de près les indicateurs d'inflation qui seront publiés dans les semaines à venir. Un nouveau relèvement des taux en juillet porterait le taux directeur à 2,50 % au moins, renchérissant le coût du crédit pour les entreprises et les ménages. La BCE doit trouver un équilibre entre le frein à l'inflation et le maintien d'une croissance économique qui montre déjà des signes de ralentissement.

Joachim Nagel a conclu en réaffirmant la détermination de la BCE à agir « aussi longtemps que nécessaire » pour ramener l'inflation sous contrôle. La prochaine réunion de politique monétaire, prévue fin juillet, sera décisive pour l'orientation de la politique monétaire européenne.