Une rencontre au sommet pour désamorcer les tensions

Les principaux responsables commerciaux de l'Union européenne et de la Chine se sont entretenus à Bruxelles le 29 juin 2026, dans un contexte de vives inquiétudes concernant le déficit commercial croissant du bloc européen vis-à-vis de Pékin. Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a reçu le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, pour des pourparlers qualifiés de cruciaux par plusieurs observateurs.

Cette réunion intervient alors que l'Union européenne cherche des contre-mesures pour endiguer un afflux de produits chinois à bas coût, qui menace des pans entiers de son industrie. L'Europe s'inquiète également de sa dépendance économique vis-à-vis de la Chine, que certains jugent excessive et risquée pour la sécurité économique du continent.

Un déficit commercial record

Selon les chiffres évoqués par les responsables européens, le déficit commercial de l'UE en biens avec la Chine a atteint environ 360 milliards d'euros l'année précédente, soit l'équivalent de 413 milliards de dollars. Ce déséquilibre signifie que les exportations chinoises vers l'Europe dépassent largement ce que l'UE vend à la Chine. Cette situation nourrit la crainte que le marché européen ne soit utilisé comme un exutoire pour les surcapacités de production chinoises, notamment dans les secteurs des technologies vertes, de la chimie et de l'acier.

Des divergences entre capitales européennes

Lors d'un sommet tenu le 19 juin 2026 à Bruxelles, les dirigeants des 27 États membres de l'UE ont reconnu la nécessité de renforcer les instruments de défense commerciale du bloc. À l'issue d'un dîner de travail qui s'est prolongé tard dans la soirée, un responsable a indiqué que les chefs d'État et de gouvernement avaient chargé la Commission européenne de poursuivre un dialogue constructif avec les principaux partenaires économiques du continent, sans mentionner explicitement la Chine.

Cependant, si le diagnostic est partagé, les remèdes proposés divisent. Plusieurs dirigeants européens ont mis en garde contre une approche trop agressive qui pourrait déclencher des représailles de la part de Pékin. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a ainsi adopté un ton conciliant avant le sommet. « Nous avons besoin d'amis, nous avons besoin de relations équilibrées, il faut être pragmatique et construire des ponts avec les grandes économies et les alliés potentiels, comme la Chine », a-t-il déclaré.

Vers un nouvel outil tarifaire ?

Certains États membres, dont la France, plaident pour une approche plus ferme et l'adoption d'un nouvel instrument juridique inspiré de l'arsenal américain. Le président français, Emmanuel Macron, a récemment appelé à la création d'un « équivalent européen de la section 301 », un outil commercial utilisé par les États-Unis pour imposer des droits de douane ciblés sur des secteurs spécifiques. Selon lui, la souveraineté de l'Europe est en jeu. L'Allemagne, de son côté, s'est montrée plus prudente, privilégiant jusqu'à présent le dialogue et les solutions négociées.

Des représentations divergentes sur la réponse à adopter

Les discussions entre Šefčovič et Wang Wentao portent sur la manière de résoudre les tensions tout en évitant une escalade. La Commission européenne a déjà proposé de réduire de moitié les quotas d'importation d'acier et de doubler les droits de douane hors quota à 50 %. En riposte, la Chine a imposé des restrictions sur les contrats d'équipement médical en provenance de l'UE.

Les États membres, qui ont mandaté l'exécutif européen pour « développer et, le cas échéant, compléter la boîte à outils dans le domaine de la défense commerciale », cherchent un équilibre entre protection de l'industrie européenne et maintien de relations diplomatiques stables. « Il faut s'assurer que l'UE dispose de tous les instruments nécessaires pour défendre ses intérêts et réduire les risques », a résumé un responsable européen.

Alors que les exportations chinoises continuent d'affluer sur le marché européen, les prochains mois s'annoncent décisifs pour l'avenir des relations commerciales entre Bruxelles et Pékin.