Les autorités sud-coréennes ont présenté un vaste plan d'investissement dépassant les 1 000 milliards d'euros, destiné à faire de la Corée du Sud un acteur incontournable de l'intelligence artificielle. Cette annonce s'inscrit dans une stratégie nationale visant à rattraper le retard face aux États-Unis et à la Chine, qui dominent actuellement le secteur.

Le dispositif, qualifié de « grand projet national » par le gouvernement, repose sur une mobilisation conjointe de fonds publics et de capitaux privés. L'objectif affiché est de construire des infrastructures de calcul de pointe, de soutenir la recherche fondamentale et de développer des applications concrètes de l'IA dans des domaines aussi variés que la santé, l'industrie ou la défense. Les autorités espèrent ainsi créer un écosystème favorable à l'émergence de champions nationaux.

Un rôle central pour Samsung

Samsung, le géant sud-coréen de l'électronique, s'est engagé à consacrer près de 650 milliards de dollars à ce plan dans les années à venir. Cette contribution, la plus importante jamais annoncée par une entreprise privée dans le cadre d'une initiative publique, devrait notamment financer la construction de nouvelles unités de production de semi-conducteurs spécialisés dans l'IA, ainsi que des centres de recherche dédiés aux algorithmes d'apprentissage automatique.

Le groupe a souligné que cet investissement s'inscrit dans sa stratégie de long terme pour rester compétitif face à des rivaux comme NVIDIA ou TSMC. L'industrie des puces électroniques est en effet cruciale pour la Corée du Sud, qui en est le deuxième producteur mondial, et l'IA représente un débouché majeur pour ces composants.

Infrastructures et formation

Au-delà des engagements privés, le volet public du plan prévoit la création de parcs technologiques dédiés à l'IA dans plusieurs grandes villes du pays, ainsi qu'un programme massif de formation pour doter la main-d'œuvre des compétences nécessaires. Des universités et des écoles d'ingénieurs verront leurs budgets augmenter pour accélérer la recherche et l'innovation.

Le gouvernement entend également simplifier la réglementation pour attirer les investissements étrangers et faciliter le déploiement de solutions d'IA dans les services publics. Un portail unique pour les autorisations et un allègement des contraintes fiscales sont prévus.

Contexte géopolitique

Cette annonce intervient dans un contexte de compétition technologique intense entre les grandes puissances. Les États-Unis ont déjà lancé des programmes similaires, tandis que la Chine consacre des ressources colossales à l'IA dans le cadre de ses plans quinquennaux. La Corée du Sud, dont l'économie repose fortement sur l'exportation de produits high-tech, cherche à se positionner comme un hub régional capable de rivaliser avec ses concurrents.

Le plan sud-coréen se distingue par son ampleur relative au PIB du pays et par l'implication directe des plus grands conglomérats nationaux. Les analystes soulignent que la réussite de cette initiative dépendra de la capacité du pays à attirer les talents et à maintenir un rythme d'innovation soutenu face à des dépenses tout aussi massives ailleurs dans le monde.

Les premiers effets concrets sont attendus dans les prochains mois, avec le lancement des travaux d'infrastructure et la publication d'appels d'offres pour les centres de calcul. Le gouvernement a promis un suivi trimestriel de l'avancement des projets.