L’instance en charge des scrutins au Pérou a confirmé, lundi 29 juin, la victoire de Keiko Fujimori à l’élection présidentielle. Après avoir examiné l’intégralité des bulletins de vote, la commission électorale a déclaré que la candidate de droite l’emportait avec 50,135 % des suffrages exprimés, soit 9 223 396 voix. Son adversaire, le candidat de gauche Roberto Sanchez, recueille pour sa part 49,865 % des votes, correspondant à 9 173 755 bulletins.
Ce résultat met fin à plus de vingt-deux jours d’attente depuis le second tour organisé le 7 juin. L’écart entre les deux finalistes s’est avéré extrêmement serré, ce qui avait conduit à un long processus de vérification des votes contestés. La proclamation officielle intervient dans un climat de tension politique, alors que Roberto Sanchez avait précédemment rejeté toute reconnaissance de la défaite et appelé ses partisans à la résistance.
Un score historiquement faible
La différence de seulement 49 641 voix entre les deux candidats souligne la division profonde de l’électorat péruvien. Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori, accède ainsi à la présidence après plusieurs tentatives infructueuses. Son programme conservateur et son héritage politique continuent de susciter des oppositions farouches, notamment de la part des soutiens de Roberto Sanchez, qui dénoncent des irrégularités dans le processus électoral.
Réactions et perspectives
Dans l’immédiat, aucune déclaration officielle n’a été faite par le camp Sanchez après l’annonce de la commission électorale. Toutefois, les semaines précédentes, le candidat de gauche avait exhorté ses sympathisants à ne pas accepter ce qu’il qualifiait de « fraude » et à manifester pacifiquement. La nouvelle donne politique ouvre une période d’incertitude quant à la capacité de la future présidente à rassembler un pays polarisé.
Keiko Fujimori devient le neuvième chef d’État en dix ans au Pérou, pays marqué par une instabilité politique chronique. Sa victoire étroite pourrait compliquer la mise en œuvre de son programme et la formation d’une majorité parlementaire.