Sony a informé ses clients britanniques que plus de 550 films et séries produits par la société StudioCanal ne seront plus accessibles sur le PlayStation Store à partir du 1er septembre 2026. Cette décision, motivée par l’expiration d’un accord de licence, s’applique également à des utilisateurs en France, en Espagne et en Italie, selon les informations communiquées par le groupe.
551 titres retirés sans compensation
Dans un avis juridique publié sur son site, Sony précise que les contenus concernés incluent des œuvres connues telles que Terminator 2 : Judgment Day, les deux films Paddington, Le Labyrinthe de Pan, Rambo 3 et The Boy in the Striped Pajamas. Au total, 551 titres seront supprimés des bibliothèques numériques des utilisateurs. L’entreprise indique que cette mesure est liée « à nos accords de licence de contenu ». Aucune proposition de remboursement n’a été formulée pour les achats effectués.
Cette situation rappelle que l’acquisition de biens numériques ne confère pas la propriété pleine et entière, mais un simple droit d’accès limité dans le temps. Les clients ayant acheté ces films sur le PlayStation Store perdent donc leur accès sans contrepartie financière.
Un précédent similaire chez Sony
Ce n’est pas la première fois que Sony retire des contenus achetés de ses services. En 2023, l’entreprise avait menacé de supprimer 1 318 épisodes de chaînes Discovery des bibliothèques PlayStation, avant de finalement trouver un accord de dernière minute avec le diffuseur. Quelques années plus tôt, en 2022, 314 titres StudioCanal avaient déjà été retirés des catalogues en Allemagne et en Autriche. Plus récemment, Sony a également effacé l’intégralité des bibliothèques numériques des utilisateurs de Funimation lors de la fusion de ce service avec Crunchyroll.
Une tendance à la fermeture des magasins numériques
Depuis août 2021, Sony a cessé de vendre ou de louer des films et des séries sur le PlayStation Store, réduisant progressivement son offre de vidéo à la demande. Cette stratégie de recentrage pourrait expliquer pourquoi l’entreprise ne renégocie pas systématiquement les licences arrivant à expiration. Même si un nouvel accord avec StudioCanal reste théoriquement possible d’ici le 1er septembre, les précédents montrent que Sony sacrifie souvent l’accès aux contenus existants plutôt que de maintenir des catalogumes coûteux.
Des réactions indignées
L’annonce a suscité de vives réactions parmi les joueurs et les amateurs de cinéma. Sur les forums, de nombreux utilisateurs estiment que Sony devrait proposer des remboursements, tandis que d’autres appellent les plateformes numériques à cesser d’utiliser le terme « acheter » pour des licences révocables. Cette controverse intervient dans un contexte où la notion de possession numérique est de plus en plus contestée, plusieurs plaintes ayant été déposées aux États-Unis contre des services comme Amazon Prime Video pour des pratiques similaires.
Des conséquences pour les consommateurs européens
L’impact est particulièrement fort dans les pays où le PlayStation Store reste un canal d’achat de films important. Les clients concernés au Royaume-Uni, en France, en Espagne et en Italie doivent se préparer à perdre l’accès à des titres qu’ils ont parfois payés plusieurs euros. Sony n’a pas communiqué sur d’éventuelles mesures alternatives, comme un transfert vers un autre service ou un crédit sur la boutique.
En attendant, la suppression des 551 films StudioCanal devient un nouveau symbole des limites du tout-numérique : ce qui est acheté en ligne n’est jamais vraiment acquis.