La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) n’est plus. L’organisation patronale, fondée en 1944, a officiellement changé de nom pour devenir « Les Entrepreneurs », a annoncé son président Amir Reza-Tofighi. Ce changement, dévoilé lors d’un rassemblement organisé le 25 juin au Parc des Princes à Paris, vise à marquer une rupture avec l’ancienne identité jugée trop restrictive et à attirer un public plus large, au-delà des seules PME.
Un événement footballistique pour se démarquer
Le choix du stade du Paris Saint-Germain, tout juste sacré champion d’Europe, n’est pas anodin. Il permet à la nouvelle organisation de se distinguer du Medef, qui tient chaque fin d’été sa grand-messe à Roland-Garros. En investissant un lieu associé au sport populaire, Amir Reza-Tofighi entend donner une image plus moderne et accessible à son mouvement, loin du formalisme souvent reproché au patronat traditionnel.
Une ambition affichée de peser sur la présidentielle
À un an de l’élection présidentielle, ce repositionnement stratégique traduit la volonté de la nouvelle entité de gagner en influence dans le débat économique et social. Amir Reza-Tofighi, quadragénaire arrivé à la tête de la CPME en 2025, affiche clairement son ambition : disputer au Medef son statut de première organisation patronale et devenir un interlocuteur incontournable pour les pouvoirs publics.
Pour épauler cette montée en puissance, un nouveau secrétaire général a été recruté en janvier. Sébastien Chapelain, diplômé d’HEC et passé par des enseignes comme Pizza Hut et Class’croute, doit apporter une culture plus opérationnelle et moins institutionnelle. L’objectif, selon l’entourage du président, est d’insuffler « un esprit d’entrepreneuriat à tous les étages » et de faire venir des profils ayant une expérience concrète du terrain.
Un nouveau nom pour une base élargie
Le changement de nom, de CPME à « Les Entrepreneurs », répond à une double logique. D’une part, il s’agit de sortir du sigle historique qui limitait l’organisation aux seules petites et moyennes entreprises. D’autre part, il permet d’inclure des entrepreneurs de toutes tailles, des très petites entreprises (TPE) aux start-up, en passant par les artisans et les indépendants. L’ambition est de fédérer un maximum de chefs d’entreprise pour peser collectivement face aux syndicats et au gouvernement.
Une rivalité assumée avec le Medef
Les relations entre la CPME devenue Les Entrepreneurs et le Medef de Patrick Martin se sont tendues ces derniers mois. En octobre 2025, la CPME avait déjà refusé de participer à un meeting du Medef, jugeant le calendrier mal choisi. Ce nouveau coup d’éclat renforce l’idée d’une concurrence directe entre les deux organisations pour représenter le monde patronal. Amir Reza-Tofighi ne cache pas son intention de capter une partie de la base du Medef, notamment parmi les dirigeants de PME qui estiment ne pas être suffisamment écoutés.
Un calendrier politique à saisir
À l’approche de la présidentielle de 2027, Les Entrepreneurs entendent se positionner comme un acteur clé du débat économique. L’organisation prévoit de publier des propositions concrètes sur des sujets comme la fiscalité, le droit du travail ou la transition écologique. En se voulant plus proche du terrain et plus réactive que le Medef, elle espère peser sur les programmes des candidats et obtenir des engagements en faveur des entrepreneurs.
En renommant la CPME et en organisant un événement spectaculaire au Parc des Princes, Amir Reza-Tofighi donne le coup d’envoi d’une nouvelle ère pour le patronat français. Reste à savoir si ce pari lui permettra de détrôner le Medef de sa place de leader, ou si la manœuvre restera un coup d’éclat sans lendemain.