Le tribunal correctionnel de Paris a tranché, ce lundi 8 juin, dans l'affaire concernant la députée de La France insoumise Sophia Chikirou. L'élue, qui comparaissait pour une tentative d'escroquerie, a été relaxée sur ce chef d'accusation. En revanche, elle a été reconnue coupable de vol et condamnée à une amende pour des faits portant sur des chèques appartenant au média « Le Média ».

Une relaxe pour la tentative d’escroquerie

Les juges ont estimé que les éléments constitutifs de la tentative d'escroquerie n'étaient pas réunis. Sophia Chikirou était poursuivie pour avoir tenté d'obtenir frauduleusement des fonds ou des avantages indus. La défense avait plaidé l'absence d'intention frauduleuse et contesté la matérialité des faits. Le tribunal a suivi cette argumentation, prononçant une relaxe sur ce point.

Une condamnation pour vol de chèques

En revanche, la députée a été condamnée pour vol. Les faits concernent des chèques du média en ligne « Le Média », une plateforme d'information proche de la gauche radicale. Selon l'accusation, Sophia Chikirou se serait approprié des chèques destinés au média sans droit ni autorisation. Le tribunal a jugé ces faits établis et a prononcé une peine d'amende, dont le montant n'a pas été précisé dans les informations disponibles. Cette condamnation pour vol est distincte de la tentative d'escroquerie pour laquelle elle a été relaxée.

Un dossier aux multiples facettes

Sophia Chikirou, figure de La France insoumise et ancienne conseillère de Jean-Luc Mélenchon lors de la campagne présidentielle de 2017, se trouvait au cœur de plusieurs procédures judiciaires. Cette affaire de chèques s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la gestion du média « Le Média », créé par des proches du parti. La députée avait déjà été mise en examen dans d'autres dossiers, notamment pour des soupçons de surfacturation lors de la campagne de 2017. Le délibéré de ce lundi ne concerne que les faits de tentative d'escroquerie et de vol liés au média.

Les réactions et implications politiques

La décision du tribunal a suscité des réactions contrastées. Les soutiens de Sophia Chikirou ont salué la relaxe pour tentative d'escroquerie, y voyant une confirmation de son innocence sur ce point. Ses opposants ont souligné la condamnation pour vol, estimant qu'elle ternit l'image de l'élue et de son parti. La députée n'a pas encore commenté publiquement le verdict. Cette affaire intervient alors que La France insoumise se prépare pour la campagne présidentielle de 2027, et pourrait avoir un impact sur la crédibilité du parti en matière de probité.

Un procès qui n’épuise pas les poursuites

Ce jugement ne met pas fin à l'ensemble des démêlés judiciaires de Sophia Chikirou. D'autres enquêtes sont en cours, notamment sur des soupçons d'abus de confiance et de favoritisme liés à des contrats de communication pendant la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. La députée conteste ces accusations et dispose encore de voies de recours pour la condamnation pour vol prononcée ce lundi. L'affaire pourrait donc connaître de nouveaux développements devant la cour d'appel.