Verdict partagé pour la parlementaire insoumise

La députée de La France insoumise Sophia Chikirou a été jugée ce lundi par le tribunal correctionnel de Paris. Les juges l'ont relaxée de l'accusation de tentative d'escroquerie, mais l'ont déclarée coupable du vol de chèques au préjudice du média d'information « Le Média ». Une amende a été prononcée à son encontre pour cette dernière infraction.

Cette décision judiciaire intervient après plusieurs mois de procédure. Les faits remontent à la période où Sophia Chikirou exerçait des fonctions liées à ce média en ligne, fondé par des proches de Jean-Luc Mélenchon. La plainte initiale, déposée par la direction de « Le Média », portait sur la disparition de chèques et sur des soupçons de tentative d'obtenir un avantage frauduleux.

Les charges et la réponse du tribunal

Le parquet avait requis un procès pour tentative d'escroquerie, estimant que l'élue avait cherché à obtenir indûment des fonds. Mais les magistrats n'ont pas retenu ce grief, estimant que les éléments constitutifs n'étaient pas réunis. En revanche, la soustraction frauduleuse de chèques a été établie, entraînant une condamnation. Le montant de l'amende n'a pas immédiatement été précisé dans le délibéré.

L'affaire avait suscité un vif intérêt médiatique en raison de la notoriété de la prévenue, figure montante de La France insoumise et ancienne directrice de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle de 2022. Sophia Chikirou a toujours contesté les faits, dénonçant une instrumentalisation politique.

Conséquences politiques et suites judiciaires

Ce jugement ne met pas fin aux démêlés judiciaires de l'élue, qui fait l'objet d'autres enquêtes, notamment pour des soupçons de surfacturation dans le cadre de la campagne présidentielle de 2017. Toutefois, la relaxe pour le chef le plus grave pourrait alléger le poids des accusations.

Du côté de la majorité insoumise, on prend acte de la décision. Aucune réaction officielle n'a encore été communiquée par la direction du parti. Quant à la partie civile, « Le Média » n'a pas indiqué s'il ferait appel de la condamnation pour vol de chèques.

Ce dossier illustre les tensions récurrentes entre certains responsables politiques et les médias qui leur sont proches. Le tribunal a tranché sur les faits précis qui lui étaient soumis, laissant à d'autres juridictions le soin de se prononcer sur les autres aspects.

L'audience de ce lundi avait été très attendue. Les avocats de Sophia Chikirou ont plaidé l'absence d'intention frauduleuse et une méprise administrative. Le parquet avait requis une peine d'amende et de l'inéligibilité, mais les juges n'ont pas suivi ses réquisitions sur la tentative d'escroquerie.

Prochaines étapes

Le délai d'appel est de dix jours. La condamnation pour vol de chèques pourrait faire l'objet d'un recours. En attendant, la députée conserve son mandat, aucune peine d'inéligibilité n'ayant été prononcée dans ce volet. L'affaire continue de faire écho dans le paysage politique français, où les questions de probité des élus restent sensibles.