La polémique autour de l'annulation de la pièce « Passeport » d'Alexis Michalik à Castres prend une nouvelle dimension. Interrogée ce mercredi à l'Assemblée nationale par un député Renaissance du Tarn, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a fermement condamné cette décision, prise par la mairie de Castres, dirigée par le Rassemblement national.

La pièce, qui retrace le parcours d'un jeune migrant érythréen dans la jungle de Calais, devait être jouée dans cette ville du Tarn. La mairie a justifié son annulation en estimant qu'il s'agissait d'une « promotion des clandestins ». Une argumentation que le metteur en scène Alexis Michalik avait qualifiée de « logique à la Trump », dans une déclaration précédente.

Un soutien politique de haut niveau

La ministre Catherine Pégard a dénoncé « une atteinte à la liberté de création et un précédent dangereux ». Elle a salué la décision d'une commune du Nord de la France de reprogrammer la pièce, permettant ainsi au public de la découvrir. « C'est une victoire pour la culture et pour les valeurs de notre République », a-t-elle ajouté.

De son côté, le député Renaissance du Tarn qui a interpellé la ministre a déploré une « instrumentalisation politique de la culture » par le maire RN de Castres. Il a demandé au gouvernement de clarifier les mécanismes de soutien aux créations artistiques menacées par des décisions municipales.

Une reprogrammation saluée par le milieu culturel

Plusieurs acteurs du monde du théâtre ont exprimé leur solidarité avec Alexis Michalik. La pièce, qui aborde avec nuance le sujet complexe de l'immigration, a été saluée par la critique. Sa reprogrammation dans le Nord est perçue comme un signe de résistance face à ce que certains qualifient de « censure politique ».

Le maire de Castres, interrogé par la presse locale, n'a pas souhaité réagir directement aux propos de la ministre, se retranchant derrière sa décision initiale, qu'il estime légitime « au nom de la défense des valeurs de la France ». Il a toutefois indiqué que la ville ne reviendrait pas sur son choix.

Un précédent qui inquiète

Cette affaire suscite des interrogations sur la liberté d'expression artistique dans les communes dirigées par le Rassemblement national. Plusieurs associations de défense des droits humains ont dénoncé « une dérive autoritaire » et appellent à une vigilance accrue. La ministre Catherine Pégard a promis de suivre le dossier de près et d'étudier les moyens légaux de protéger les œuvres artistiques contre ce type d'annulation.