La décision de la mairie de Castres, dirigée par le Rassemblement national (RN), d'annuler la représentation de la pièce « Passeport » d'Alexis Michalik suscite une vive controverse. Le spectacle, qui aborde le parcours de réfugiés, avait pourtant été programmé et intégré à la saison théâtrale de la ville. Le maire Florian Azéma a justifié ce revirement en invoquant sa « totale liberté de revenir sur cette programmation », une position que le metteur en scène qualifie d'acte de censure.

Alexis Michalik, dramaturge reconnu, a exprimé son indignation face à cette annulation. Dans une déclaration publique, il a fustigé une décision qu'il juge arbitraire et liberticide, estimant que le sujet de sa pièce – les réfugiés – a été la cible d'un choix politique. « J'ai dénoncé la décision de la mairie de Castres d'annuler la représentation de ma pièce 'Passeport' », a-t-il affirmé, avant d'ajouter : « C'est une censure inadmissible dans un pays démocratique. » Il a également souligné que cette annulation intervient alors que la pièce traitait avec humanité des questions de migration et d'exil.

De son côté, le maire de Castres a défendu sa décision en invoquant un principe de liberté de choix pour la collectivité. « La mairie a le droit de ne pas programmer un spectacle qu'elle estime contraire à ses valeurs », a-t-il déclaré, sans toutefois préciser en quoi l'œuvre contrevenait à ces valeurs. Cette position a été critiquée par plusieurs membres de l'opposition municipale et des acteurs du monde culturel, qui y voient une instrumentalisation politique de la culture.

Une pièce sur l'exil et l'espoir « Passeport », créée par Alexis Michalik, raconte le destin de plusieurs personnages en quête d'un nouveau départ, confrontés aux obstacles administratifs et humains liés à l'immigration. Le spectacle, salué par la critique pour son écriture et sa mise en scène, a été joué à plusieurs reprises en France et à l'étranger. Son annulation à Castres soulève des questions sur la liberté d'expression et l'indépendance des programmations culturelles face aux pressions politiques.

Réactions et implications La décision de la mairie a provoqué une onde de choc dans le milieu théâtral. De nombreux artistes et professionnels du spectacle ont exprimé leur soutien à Alexis Michalik, dénonçant une atteinte à la création artistique. Certains ont appelé à un boycott des subventions municipales, tandis que d'autres ont souligné le risque de voir se multiplier ce type d'annulations à l'approche des élections municipales de 2026.

L'affaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre les collectivités locales dirigées par l'extrême droite et les institutions culturelles. Plusieurs mairies RN ont, par le passé, remis en cause des subventions à des festivals ou des œuvres jugées dérangeantes. Cette nouvelle polémique relance le débat sur la place de la culture dans les politiques municipales et sur les limites de la liberté de programmation.

Alexis Michalik a indiqué qu'il envisageait de porter l'affaire devant les tribunaux, estimant que l'annulation constitue une rupture de contrat et une discrimination fondée sur le contenu de l'œuvre. La mairie de Castres, de son côté, n'a pas commenté cette éventualité pour l'instant. L'avenir de la pièce dans d'autres villes de la région reste également incertain, certains programmateurs ayant fait part de leur intention de contacter le dramaturge pour organiser des représentations de soutien.