La société de crédit immobilier Nationwide a révélé dans son rapport annuel que la rémunération totale de sa directrice générale, Debbie Crosbie, a atteint 4,7 millions de livres sterling (environ 5,5 millions d'euros) pour l'exercice clos en mars 2026, soit une augmentation de 88 % par rapport aux près de 2,5 millions perçus l'année précédente. Cette progression s'explique principalement par le versement de 3,2 millions de livres de bonus, contre 1,1 million un an plus tôt, cumulant primes annuelles et de long terme.

Une refonte contestée du système de primes

Cette hausse intervient un an après que le conseil d'administration a fait adopter un nouveau dispositif de rémunération variable pour sa dirigeante, suscitant des critiques parmi les membres de la mutuelle. Le plafond maximal de la rémunération de Debbie Crosbie a été relevé de 43 %, pouvant désormais atteindre 7 millions de livres si tous les objectifs sont remplis. La direction a justifié cette décision par l'élargissement du périmètre de l'entreprise après le rachat de la banque de détail Virgin Money.

Des hausses salariales pour les employés

Parallèlement, Nationwide a annoncé que les membres du personnel éligibles, au sein d'un effectif total de 26 890 personnes, bénéficieront d'une augmentation moyenne de 3,8 % à compter du 1er juillet. Dans un communiqué, l'institution a qualifié ces revalorisations d'« investissement significatif dans nos collaborateurs », reconnaissant « la contribution et l'engagement de ceux qui sont au cœur du service à nos clients et de la mise en œuvre de notre stratégie ». Le salaire annuel de base de Debbie Crosbie, qui s'élève à 1,2 million de livres, a lui-même été majoré de 2,9 % en avril dernier.

Un contexte de tension sur les rémunérations

Ce bond de la rémunération de la dirigeante intervient dans un climat social tendu, où les écarts entre les revenus des patrons et ceux des salariés font régulièrement débat au Royaume-Uni. La décision du conseil de Nationwise de doubler les bonus de sa directrice générale, malgré les réserves exprimées lors de l'adoption du nouveau barème, pourrait raviver les interrogations sur la gouvernance des mutuelles, censées placer les intérêts de leurs sociétaires au premier plan.