Les services de contrôle économique français ont intensifié leur action répressive. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) indique avoir épinglé environ 58 000 entreprises au cours de l'année 2025, pour un montant cumulé d'amendes atteignant 202 millions d'euros. Ce bilan, qui marque un doublement des pénalités par rapport à 2023, reflète le renforcement des contrôles et la sévérité accrue des sanctions.
Un cinquième des amendes imputable à une seule enseigne
Parmi les entreprises sanctionnées, un nom domine le palmarès des infractions : Shein. Le distributeur chinois de vêtements et accessoires à bas prix, dont la croissance rapide a bouleversé le secteur de la mode, a écopé à lui seul de 20 % des sanctions totales prononcées par la DGCCRF en 2025. Cette part représente plusieurs dizaines de millions d'euros, illustrant le ciblage des autorités sur les pratiques commerciales jugées abusives ou les manquements aux règles de sécurité des produits.
Des contrôles en forte hausse
L'explosion du montant total des amendes, passé de moins de 100 millions d'euros il y a deux ans à 202 millions aujourd'hui, témoigne d'un changement d'échelle dans l'action de la Répression des fraudes. Les agents ont multiplié les inspections et les enquêtes, notamment dans les secteurs où les consommateurs sont les plus vulnérables : ventes en ligne, produits non conformes, clauses abusives, ou encore publicités trompeuses. Les autorités entendent ainsi répondre à une demande sociale croissante de protection des consommateurs face à des pratiques parfois agressives.
Shein dans le viseur des régulateurs
Shein, qui s'est imposé comme l'un des premiers vendeurs de mode en ligne dans le monde, fait l'objet d'une attention particulière de la part des régulateurs européens et français. Les griefs portent notamment sur la composition chimique des textiles, l'absence d'information claire sur les conditions de fabrication ou encore le non-respect de la législation sur les substances dangereuses. La part de 20 % des sanctions totales attribuée à la marque confirme que la DGCCRF a fait de ce dossier une priorité.
Des records d'amendes pour un effet dissuasif
L'administration affiche sa volonté de dissuader les infractions par des sanctions financières lourdes. Les 202 millions d'euros d'amendes pour 2025 constituent un montant record, jamais atteint auparavant. La DGCCRF rappelle que ces pénalités sont destinées à protéger les consommateurs mais aussi à garantir une concurrence loyale entre les acteurs économiques. Les petites et moyennes entreprises, souvent moins contrôlées, ne sont pas épargnées : elles représentent une part significative des 58 000 établissements sanctionnés.
Une tendance lourde pour l'avenir
Alors que l'économie numérique et le commerce transfrontalier prennent une place grandissante, la Répression des fraudes semble vouloir maintenir la pression. Les 202 millions d'euros d'amendes pourraient n'être que le début d'un durcissement durable des contrôles, en particulier vis-à-vis des plateformes internationales qui réalisent une part importante de leurs ventes en France sans y être pleinement assujetties aux règles locales. Les consommateurs, de leur côté, pourraient bénéficier d'une meilleure sécurité des produits et d'une information plus transparente.