Une décision motivée par des préoccupations démocratiques
La secrétaire d'État à la Culture, aux Médias et aux Sports du Royaume-Uni, Lisa Nandy, a officialisé son retrait ainsi que celui de l'ensemble de son département de la plateforme X, propriété d'Elon Musk. Dans son dernier message publié sur le réseau, elle justifie ce choix en affirmant que l'espace numérique « n'est pas sain pour notre démocratie ni pour nos communautés » et qu'elle refuse de continuer à le soutenir. Selon elle, un outil conçu à l'origine pour favoriser la liberté d'expression et les échanges d'idées « privilégie désormais la haine et la désinformation au débat de fond ».
Un précédent gouvernemental
Le ministère de la Culture devient la deuxième administration britannique à abandonner X, après le bureau du procureur général. Lord Hermer, qui occupe ce dernier poste, avait déjà interdit à ses services de publier sur la plateforme en juin. Devant la commission parlementaire de la Justice, il avait justifié cette mesure en expliquant que le réseau « sombre constamment dans le racisme et la misogynie » et que son administration « peut faire mieux ». Il avait ajouté comprendre que d'autres ministères estiment nécessaire d'être présents pour dialoguer avec les citoyens, mais estimé que ce n'était pas le cas pour sa fonction.
Des élus déjà partis
Plusieurs parlementaires avaient déjà quitté X plus tôt dans l'année, notamment les libéraux-démocrates Layla Moran et Vikki Slade, ainsi que le travailliste Darren Paffey. Leur départ faisait suite à des révélations selon lesquelles l'outil d'intelligence artificielle Grok, intégré à la plateforme, aurait été utilisé pour générer des images à caractère sexuel, y compris de mineurs. X avait alors rappelé que toute personne utilisant ou incitant Grok à produire du contenu illégal s'exposait aux mêmes sanctions que s'il téléchargeait ce type de contenu.
Contexte politique tendu
Cette annonce intervient dans un climat de fortes tensions entre le gouvernement britannique et Elon Musk. Le Premier ministre, Sir Keir Starmer, avait accusé le milliardaire d'utiliser son réseau pour « attiser les divisions » au Royaume-Uni, en particulier après le meurtre de l'étudiant Henry Nowak le mois dernier. La diffusion d'images issues de caméras-piétons montrant des policiers menottant le jeune homme de 18 ans alors qu'il agonisait avait provoqué des manifestations violentes à Southampton. L'assassin présumé, Vickrum Digwa, avait affirmé avoir été victime d'une agression raciste. Elon Musk avait critiqué le traitement réservé à l'adolescent par les forces de l'ordre, ce qui avait attisé la controverse.
Poursuite de l'engagement sur d'autres réseaux
Lisa Nandy a précisé qu'elle continuerait à utiliser Instagram, Facebook et LinkedIn pour ses communications publiques. Cette décision illustre une défiance croissante d'une partie de la classe politique britannique envers X, perçue comme un espace où la modération est insuffisante et où les contenus nuisibles prospèrent. Le départ du ministère de la Culture pourrait inciter d'autres administrations à suivre cet exemple, même si aucune autre annonce de ce type n'a été faite à ce stade.