Deux publications officielles parues jeudi 9 juillet dressent un constat sans appel sur l’état du climat en France et sur l’insuffisance des politiques menées. Le Haut Conseil pour le climat (HCC) a rendu son huitième rapport annuel, dans lequel il estime que le pays n’est pas préparé à affronter les conséquences du réchauffement. Le même jour, le ministère de la Transition écologique a diffusé pour la première fois un bilan des impacts du changement climatique, documentant les épisodes extrêmes de l’année 2025.
L’organisme indépendant, créé en 2019, pointe un retard préoccupant. Malgré une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 2,1 % en 2025 et de 4,8 % au premier trimestre 2026, le rythme reste trop lent pour respecter les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Diane Strauss, membre du HCC, a averti que la diminution annuelle doit dépasser 4 % si la France veut tenir ses engagements. Le rapport intervient alors que la planète vient de connaître le deuxième mois de juin le plus chaud jamais enregistré, et que l’Europe occidentale a subi le mois de juin le plus chaud de son histoire, avec des températures supérieures de 3 à 5 °C aux normales saisonnières. En France, la moyenne des températures pour juin 2026 a atteint 29,2 °C, soit 9,7 °C au-dessus des normales, un record national.
Le bilan publié par le ministère vient étayer ces alertes par des données concrètes pour l’année 2025. Selon ce document, qui devrait désormais paraître chaque année, 2025 a été l’une des quatre années les plus chaudes observées en France, avec un écart de +2,4 °C par rapport à la période préindustrielle. L’été a compté 27 jours de vagues de chaleur, un niveau qui, selon les projections, deviendra courant d’ici 2050. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a indiqué que ce rapport « répond à une exigence simple : documenter, année après année, ce que le dérèglement climatique produit concrètement sur notre territoire ».
Les conséquences touchent l’ensemble du territoire et de la population. Durant l’été 2025, 80 % des habitants de la France hexagonale ont connu au moins un épisode caniculaire, contre 39 % en 2024. Une responsable de la direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) a prévenu qu’aucun territoire ni aucun secteur d’activité ne sera épargné, citant une année 2025 marquée par des canicules, des sécheresses et des inondations.
Le HCC et le ministère insistent sur l’urgence d’agir. Le Haut Conseil recommande non seulement d’accélérer la baisse des émissions, mais aussi de mieux financer l’adaptation et d’éviter que les retards n’aggravent les inégalités sociales. La publication du premier bilan des impacts vise à fournir un outil de suivi annuel indispensable pour mesurer l’évolution des risques et ajuster les politiques. Alors qu’une nouvelle canicule sévit en juillet 2026, ces deux rapports rappellent que le temps presse et que les mesures actuelles restent insuffisantes face à un réchauffement dont les effets deviennent chaque année plus visibles.