Le prix du baril de Brent est descendu aux alentours de 72 dollars, un niveau qui n'avait plus été observé depuis l'ouverture des hostilités au Proche-Orient. Ce repli marque une chute spectaculaire par rapport au sommet de 115 dollars atteint début mai. Il rapproche le brut de son cours d'avant le conflit, qui oscillait autour de 67 dollars fin février.

Cette décrue intervient dans le sillage de la signature d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran il y a dix jours. L'accord a notamment permis la réouverture du détroit d'Ormuz, une voie de transit cruciale pour le transport maritime du pétrole. Les armateurs, rassurés, autorisent de nouveau leurs navires à quitter le golfe Persique, ce qui a accru l'offre et détendu les prix.

Un optimisme de marché tempéré par des risques résiduels

Jeudi, un porte-conteneurs, l'Ever Lovely, a été touché par un projectile d'origine inconnue au sud-est d'Oman. L'incident a provoqué une brève flambée des cours, le baril grimpant de 2 %. Mais les marchés se sont rapidement ressaisis et les prix sont retombés. Pour les analystes, cette résilience traduit une conviction que la voie diplomatique reste privilégiée, même si des foyers de tension persistent.

Certains observateurs estiment que les marchés font preuve d'un certain optimisme, possiblement excessif. La reprise des hostilités ou un nouveau blocage du détroit pourraient inverser la tendance. L'attaque de l'Ever Lovely rappelle que la situation sécuritaire dans la région reste instable.

Des perspectives encore incertaines

Si le Brent se rapproche de son niveau d'avant-guerre, de nombreuses inconnues demeurent. La levée complète des sanctions contre l'Iran, la demande mondiale et les décisions de l'OPEP+ influenceront la suite. Pour l'heure, les acteurs du marché semblent pencher pour un apaisement durable, mais la prudence reste de mise face à un environnement géopolitique qui peut basculer rapidement.