Moins d'une semaine après la signature d'un protocole d'accord (MoU) entre les États-Unis et l'Iran, un nouvel épisode d'hostilités directes a secoué le Golfe, remettant en cause la fragile trêve en vigueur. Samedi 27 juin, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir frappé des sites américains dans la région, en représailles aux bombardements menés la veille par Washington contre des installations iraniennes.

Une riposte iranienne aux frappes américaines

Les États-Unis avaient lancé leurs frappes vendredi en réponse à une attaque de drone qu'ils attribuent à l'Iran contre un cargo commercial dans le détroit d'Ormuz. Le Commandement central américain (CENTCOM) a indiqué avoir visé des sites de stockage de missiles et de drones, ainsi que des positions radar côtières iraniennes, qualifiant cette opération de « réponse puissante » à une « agression injustifiée contre la navigation commerciale » qui aurait « clairement violé le cessez-le-feu ».

Quelques heures plus tard, le CGRI a diffusé un communiqué affirmant avoir ciblé « les sites de déploiement des forces américaines dans la région » en riposte à « cet acte d'agression ». Selon une information relayée par la télévision d'État iranienne, le CGRI a prévenu que « si l'agression se répète, notre réponse sera plus large que celle-ci ». Aucune information n'a été communiquée dans l'immédiat sur d'éventuels dégâts ou victimes côté américain.

Des accusations réciproques de violation du protocole d'accord

Le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné les bombardements américains, estimant qu'ils « violent l'article 1 du protocole d'accord ». Ebrahim Azizi, président de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, a déclaré que les frappes américaines menées « au milieu des négociations » révélaient le « manque d'engagement de Washington en faveur de la diplomatie et des cessez-le-feu conclus ». De son côté, le CGRI a accusé les États-Unis de ne pas respecter leurs engagements dans le cadre du MoU, rappelant que cet accord confère à Téhéran un droit de contrôle sur les navires transitant par le détroit d'Ormuz.

À Washington, le président Donald Trump avait auparavant qualifié l'attaque de drone contre le cargo d'« stupide violation » de l'accord de cessez-le-feu. Son vice-président, JD Vance, a lancé un avertissement direct sur le réseau social X : « La violence rencontrera la violence », si l'Iran devait mener de nouvelles attaques.

Un fragile cessez-le-feu mis à l'épreuve

C'est la première fois que les deux puissances échangent des frappes depuis la signature du protocole d'accord le 17 juin, qui prévoyait un cessez-le-feu devant servir de préalable à des négociations plus approfondies, notamment sur la circulation dans le détroit d'Ormuz. Cet accord n'était pas un traité définitif, mais un cadre destiné à ouvrir la voie à un dialogue. L'Iran avait prévenu les navires de ne pas entrer ou sortir du Golfe sans son autorisation, mais certains bâtiments ont continué de transiter par d'autres routes.

Situation sur le terrain en Iran

Des médias iraniens ont rapporté qu'un projectile avait frappé près d'un wharf à Sirik, dans le sud du pays, près du détroit d'Ormuz. L'île de Qeshm aurait également été touchée. Toutefois, l'agence Mehr a cité le responsable des ports de l'est du Hormozgan pour indiquer que le port de Sirik fonctionnait normalement et qu'aucun dommage n'avait été signalé à ses équipements.

Le conflit, qui dure depuis 120 jours, a vu se succéder des cycles de frappes et de contre-frappes, ponctués de tentatives diplomatiques. Le dernier échange d'hostilités survient à quelques jours de la prochaine série de pourparlers entre les deux camps, désormais gravement compromis.