Le Comité international olympique (CIO) a franchi un cap historique en annonçant le versement d’une subvention de 10 000 dollars (environ 7 600 euros) à chaque athlète participant aux Jeux olympiques. Cette décision, dévoilée le 24 juin, met fin à une tradition vieille de 130 ans qui interdisait toute rémunération directe des concurrents par l’instance olympique.

Dénommée « bourse olympique pour l’avenir » (Fit for the Future Olympian Grant), cette allocation vise à soutenir la carrière sportive des olympiens ou à faciliter leur transition professionnelle après l’âge de la compétition. Le CIO a constitué un fonds de 140 millions de dollars par édition des Jeux, soit environ 106,5 millions d’euros, destiné à couvrir les quelque 14 000 athlètes attendus à chaque olympiade.

Les premiers bénéficiaires sont les sportifs ayant concouru aux Jeux d’hiver de Milano-Cortina 2026. La subvention leur sera versée via les comités nationaux olympiques (CNO) existants, sans se substituer aux programmes d’aide déjà fournis par le CIO aux fédérations internationales, aux comités d’organisation ou à la Solidarité olympique. Les athlètes ayant commis une violation du code antidopage ou du code d’éthique du CIO, ou encore ceux qui enfreignent la Charte olympique, seront exclus du dispositif.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large du programme « Fit for the Future », par lequel le CIO cherche à moderniser son soutien aux sportifs. Pau Gasol, joueur de basket-ball espagnol triple médaillé olympique et aujourd’hui président de la commission des athlètes du CIO, a tenu à distinguer cette bourse d’une simple prime de résultat : « Ce n’est pas une prime de performance, a-t-il déclaré. Il s’agit de reconnaître le parcours et l’engagement que demande le statut d’olympien – des années de dévouement, de travail acharné, de foi en un rêve. C’est aussi honorer ceux qui nous ont précédés et ont ouvert la voie, afin que les générations actuelles et futures puissent en bénéficier. »

Jusqu’à présent, plusieurs comités olympiques nationaux offraient déjà des primes à leurs médaillés. L’association olympique britannique, par exemple, n’en fait pas partie. Mais jamais le CIO n’avait directement rémunéré les concurrents, qu’ils soient médaillés ou non. Cette rupture avec l’idéal amateuriste historique de Pierre de Coubertin marque un tournant dans la gouvernance du mouvement olympique.