L’exécutif explore des pistes visant à diminuer les ristournes historiques accordées aux salariés et retraités des entreprises issues des opérateurs historiques de l’énergie, en particulier EDF et GDF (Engie, Enedis, GRDF). Ce dispositif, instauré en 1946, permet à ces agents de bénéficier d’une réduction pouvant atteindre 90 % sur leur facture de gaz et d’électricité, modulée selon la composition du foyer et le mode de chauffage, et soumise à la CSG et à la CRDS.

Cette réflexion gouvernementale fait suite à une injonction de la Cour des comptes, qui a exigé une mise en conformité de la valorisation de cet écart entre le tarif préférentiel et la valeur réelle de l’énergie. Une source au sein du ministère de l’Énergie a confirmé cette mise en demeure, ajoutant que l’administration devait y donner suite. Un arrêté ministériel devrait trancher la question, après une phase d’évaluation des montants précis et une consultation des parties prenantes.

Selon une évaluation de la Cour des comptes datant de 2019, le coût total de cet avantage s’élève à 295 millions d’euros. Il concerne environ 300 000 personnes, incluant des agents en activité, des retraités, ainsi que des veufs et veuves d’agents, pour leurs résidences principales et secondaires, sans limite de consommation et avec exonération d’abonnement.

Vive opposition syndicale

Les syndicats, notamment la CGT via la Fédération nationale des mines et de l’énergie, ont vivement réagi. Ils qualifient le projet « d’inacceptable » et estiment que ces annonces visent à « détruire le modèle social et le statut des industries électriques et gazières ». Le syndicat dénonce également le timing de cette initiative, en pleine période de canicule où les réseaux sont fortement sollicités et où les agents assurent la continuité du service public, y voyant une « offensive idéologique contre les personnels ».

Le gouvernement, de son côté, prend le temps nécessaire pour évaluer le montant exact avant de soumettre l’arrêté à consultation, a précisé le ministère. Cette procédure pourrait aboutir à une modification significative d’un privilège jusqu’ici préservé, dans un contexte de forte hausse des coûts de l’énergie pour les ménages depuis les conflits en Ukraine et en Iran.