Inhumation à Machhad
Les obsèques de l'ayatollah Ali Khamenei se sont achevées jeudi 9 juillet 2026 par son inhumation au sanctuaire de l'imam Reza, à Machhad, dans le nord-est de l'Iran. Des foules immenses, vêtues de noir, ont défilé sur le boulevard principal de la ville sainte, agitant des drapeaux iraniens et des banderoles rouges symbolisant la vengeance. Nombre de participants portaient des portraits du défunt guide suprême et des pancartes appelant à la mort du président américain Donald Trump et du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
Le cortège funèbre, conduit par un camion transportant le cercueil, a traversé lentement la foule jusqu'à atteindre le mausolée à la tombée de la nuit. Selon l'agence de presse officielle iranienne IRNA, le corps de Khamenei repose désormais dans le complexe religieux qui abrite le tombeau de l'imam Reza, huitième imam chiite et seul des douze imams à être enterré en Iran. Ce sanctuaire, dont le dôme doré domine la ville, attire chaque année des millions de pèlerins.
Un contexte de tensions militaires
Cette inhumation intervient alors que les tensions entre l'Iran et les États-Unis se sont encore accrues. Les Gardiens de la Révolution ont accusé Washington d'avoir bombardé deux ponts sur la ligne ferroviaire reliant Téhéran à Machhad, dans la nuit précédant l'enterrement. Selon les Gardiens, cette opération visait à « éclipser » les funérailles. Ces frappes menacent de compromettre un accord préliminaire destiné à mettre fin au conflit déclenché par la mort de Khamenei.
Le guide suprême et plusieurs membres de sa famille avaient péri le 28 février 2026 lors d'une frappe israélienne sur sa résidence à Téhéran, premier jour de la guerre opposant l'Iran aux États-Unis et à Israël. Son successeur désigné, son fils Mojtaba Khamenei, grièvement blessé dans cette même attaque, n'a pas été vu en public depuis et n'a participé à aucune des cérémonies funèbres, y compris l'inhumation.
Cérémonies à travers le pays et en Irak
Avant l'inhumation, la dépouille de Khamenei avait été transportée par avion depuis l'Irak, où des processions avaient eu lieu devant les sanctuaires chiites de Najaf et de Karbala. Le corps avait ensuite été exposé à Téhéran, Qom et dans d'autres villes, attirant des foules considérables tout au long des six jours de deuil national.
Dans les rues de Machhad, les slogans officiels affichés sur des banderoles exhortaient à « se lever » face à l'ennemi. « La perte du guide est plus lourde que la perte de nos parents », a confié Hoda, une femme au foyer de 35 ans, à l'AFP. « Seule la mort de Trump et de Netanyahou apaisera notre douleur », a-t-elle ajouté.
Absence du successeur et tensions internes
L'absence de Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans, lors des cérémonies publiques soulève des interrogations sur sa capacité à assumer la succession. Aucune information officielle n'a été donnée sur son état de santé ni sur sa présence à l'inhumation. Cette discrétion pourrait refléter les fragilités internes du régime iranien, qui tente de maintenir une unité apparente face aux défis extérieurs et aux dissensions internes.
Les autorités iraniennes ont multiplié les avertissements à l'encontre des États-Unis et d'Israël depuis le début des funérailles, tout en cherchant à mobiliser la population autour d'un récit national de résistance et de vengeance. La cérémonie de Machhad, par son ampleur et son déroulement sous haute sécurité, visait à démontrer la capacité du régime à organiser un hommage massif malgré les pressions militaires et politiques.