Le Japon s'apprête à augmenter de façon spectaculaire les frais de visas pour les étrangers, une première en près d'un demi-siècle. À compter du 1er juillet 2026, les demandes de visa à entrée unique passeront de 3 000 à 15 000 yens (environ 80 euros), tandis que celles pour un visa à entrées multiples seront relevées de 6 000 à 30 000 yens (environ 160 euros). Cette mesure, qui représente un quintuplement des coûts, a été finalisée après avoir été approuvée par la chambre basse en avril puis par la chambre haute en mai. Le ministre des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a justifié cette révision historique – la première depuis 1978 – par la nécessité de « tenir compte de l’inflation et des variations des taux de change ».

Des hausses massives pour les titres de séjour Au-delà des visas touristiques, la réforme touche également les résidents étrangers souhaitant changer de statut ou prolonger leur séjour. Le plafond pour ces démarches est porté à 100 000 yens (600 euros), contre 10 000 yens auparavant. Les demandes de résidence permanente, quant à elles, verront leur plafond passer de 10 000 à 300 000 yens (environ 1 800 euros), soit une multiplication par trente. Selon les autorités, ces nouvelles recettes doivent permettre de mieux gérer l'afflux croissant de résidents étrangers, dont le nombre a atteint 4,13 millions de personnes à la fin de l'année 2025.

Un impact sur le tourisme jugé limité par le gouvernement Interrogé sur les conséquences potentielles pour le tourisme, Toshimitsu Motegi a déclaré ne pas anticiper d'effet immédiat sur l'afflux de visiteurs étrangers. Le Japon a enregistré un record de 42,7 millions de touristes internationaux en 2025, porté par la faiblesse historique du yen, qui oscille près de ses plus bas niveaux depuis 40 ans. Les autorités estiment que la demande touristique reste suffisamment forte pour absorber cette hausse tarifaire.

Un alignement sur les pratiques des autres économies du G7 Les partisans de la réforme soulignent que le Japon devait aligner ses frais de visas et de titres de séjour sur ceux des autres pays du G7. À titre de comparaison, les frais de demande de visa non immigré aux États-Unis s'échelonnent de 185 à 315 dollars, tandis qu'un visa standard de courte durée pour le Royaume-Uni (séjour maximal de six mois) coûte 135 livres sterling.

Un débat sur le durcissement des conditions d'installation La mesure suscite toutefois des critiques, ses opposants redoutant qu'elle ne complique davantage l'installation des travailleurs étrangers dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre et de déclin démographique. La Première ministre ultra-conservatrice, Sanae Takaichi, avait promis de durcir les règles d'immigration. Des données récentes montrent que le nombre de titulaires d'un visa de gestionnaire d'entreprise avait bondi à 45 000 en juin 2025, soit 2,7 fois plus qu'il y a dix ans, mais que les nouvelles demandes pour ce type de visa ont chuté de 96 % après les premières annonces de la mesure.