Le gouvernement japonais a annoncé une augmentation massive des frais de visa pour les ressortissants étrangers, la première révision de ce type depuis 1978.

La mesure, adoptée en avril par la chambre basse puis entérinée par la chambre haute en mai, entre en vigueur le 1er juillet 2026. Désormais, un visa à entrée unique coûtera 15 000 yens (environ 80 euros), contre 3 000 yens auparavant. Pour un visa à entrées multiples, le tarif passe de 6 000 à 30 000 yens (environ 160 euros).

Le ministre des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a justifié cette décision lors d’une conférence de presse, indiquant que ces nouveaux montants visent à « tenir compte de l’inflation et des variations des taux de change » depuis la dernière révision. Le yen se déprécie continuellement depuis 2021 et se rapproche de ses plus bas niveaux depuis quarante ans.

La hausse ne se limite pas aux visas touristiques et s’étend aux titres de séjour.

Les plafonds pour les changements de statut de résident et les prolongations de séjour sont relevés à 100 000 yens (environ 600 euros), contre 10 000 yens auparavant. La demande de résidence permanente pourra atteindre jusqu’à 300 000 yens (environ 1 800 euros), soit trente fois le plafond précédent de 10 000 yens.

Les autorités affirment que cette réforme n’aura pas d’effet immédiat sur le tourisme.

Le Japon a accueilli un nombre record de 42,7 millions de touristes internationaux l’an dernier, porté par la reprise post-pandémique et la faiblesse du yen. Le ministre Motegi a déclaré : « Nous avons étudié la question en détail et nous ne pensons pas que cela réduira l’arrivée des visiteurs étrangers. »

Les recettes supplémentaires doivent servir à mieux gérer l’augmentation du nombre de résidents étrangers, qui s’élevait à 4,13 millions fin 2025.

La mesure suscite toutefois des critiques et des inquiétudes.

Des voix s’élèvent contre un durcissement trop important des conditions d’installation au Japon, notamment pour les travailleurs étrangers. Alors que le nombre de titulaires d’un visa de gestionnaire d’entreprise avait atteint 45 000 en juin 2025, soit 2,7 fois plus qu’il y a dix ans, les nouvelles demandes pour ce type de visa ont chuté de 96 % après les premières annonces de la réforme.

Cette décision intervient alors que la Première ministre ultra-conservatrice, Sanae Takaichi, a promis de durcir les règles d’immigration, dans un contexte où le Japon doit faire face à des pénuries de main-d’œuvre et à un déclin démographique. Les autorités justifient également cette hausse par la nécessité d’aligner les frais de visa et de résidence sur ceux des autres économies du G7. À titre de comparaison, aux États-Unis, les frais de demande de visa non immigrant varient de 185 à 315 dollars, et au Royaume-Uni, un visa standard de court séjour (six mois maximum) coûte 135 livres sterling.