Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA-A) a officialisé son soutien à Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle de 2027, selon un communiqué rendu public ce lundi. Cette annonce intervient alors que la gauche française reste fragmentée à moins d'un an du scrutin, et que plusieurs formations politiques tentent de définir une ligne de conduite face à la candidature du leader de La France insoumise (LFI).

Dans une déclaration écrite, le NPA-A justifie son choix en estimant que Jean-Luc Mélenchon est « le seul candidat de gauche en mesure de battre l'extrême droite » et de rassembler un large front populaire. Le parti anticapitaliste, souvent critique envers la ligne réformiste d'autres composantes de la gauche, affirme vouloir concentrer ses forces sur une candidature unique susceptible de faire barrage au Rassemblement national. Les signataires du communiqué précisent toutefois que ce soutien ne signifie pas une adhésion sans réserve au programme de LFI, mais qu'il s'agit d'un « effort unitaire indispensable face à l’urgence sociale et écologique ».

De son côté, le Parti socialiste (PS) se réunissait mardi en conseil national pour tenter de définir son processus de sélection pour 2027. Le premier secrétaire Olivier Faure milite pour l'organisation d'une primaire de la gauche sociale-démocrate, ouverte aux sympathisants, dont le vainqueur participerait ensuite à une primaire plus large – hors LFI – prévue le 11 octobre. Mais cette proposition divise en interne : plusieurs cadres socialistes, dont Jérôme Guedj et Karim Bouamrane (ce dernier qualifiant LFI de « parti colonialiste ») sont déjà déclarés, tandis que d'autres personnalités, telles que Boris Vallaud, François Hollande et Bernard Cazeneuve, hésitent encore à se lancer. Raphaël Glucksmann, chef de file de Place publique, et ses soutiens au PS plaident plutôt pour un vote restreint aux seuls adhérents du PS et de son mouvement.

Chez Les Écologistes, la secrétaire nationale Marine Tondelier, fervente partisane d'une primaire, voit sa position fragilisée par les incertitudes qui pèsent sur le projet. Deux courants internes s'opposent : l'un favorable à une alliance large incluant LFI, l'autre privilégiant une voie autonome pour exister sur le plan médiatique et électoral. « Les Verts sont entre deux chaises », résume un observateur : ni véritablement engagés dans une dynamique d'union, ni en capacité de jouer seuls un rôle de premier plan. La réunion du parti écologiste programmée mardi doit trancher sur leur participation à la primaire et la stratégie à adopter.

Le ralliement du NPA-A à Jean-Luc Mélenchon intervient dans un contexte où le leader insoumis apparaît en tête des intentions de vote à gauche dans plusieurs sondages, au coude-à-coude avec Raphaël Glucksmann mais derrière le Rassemblement national. Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a réaffirmé que Mélenchon est « le seul candidat de gauche capable de vaincre l'extrême droite ». Cette position risque d’accentuer les tensions avec les autres formations de gauche, qui tentent de construire une alternative sans LFI, tout en voyant certains de leurs soutiens potentiels – comme le NPA-A – se tourner vers le leader insoumis.