Alors que la campagne présidentielle 2027 entre dans une phase active, les dernières enquêtes d’opinion confirment une recomposition du paysage politique à gauche. Selon un sondage réalisé par OpinionWay les 10 et 11 juin 2026, Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré de La France insoumise, et Raphaël Glucksmann, eurodéputé Place publique non encore officiellement candidat, se retrouvent au coude-à-coude dans plusieurs hypothèses de premier tour. Dans les trois configurations testées, l’écart entre eux ne dépasse pas un point, avec des scores oscillant entre 13 % et 16 % selon les scénarios. Le Rassemblement national, quel que soit son candidat (Marine Le Pen ou Jordan Bardella, le sondage n’ayant pas tranché en raison de l’incertitude judiciaire), domine très largement avec 33 % à 35 % des intentions de vote. Édouard Philippe, testé comme candidat unique du bloc central, recueille 19 % dans toutes les hypothèses où il figure. Dans une variante où Gabriel Attal représente le bloc central, il obtient 14 %, à égalité avec Glucksmann, tandis que Mélenchon est à 13 %.
Une dynamique contrastée Ce sondage, réalisé auprès de 901 personnes inscrites sur les listes électorales (marge d’erreur de 1,4 à 3,3 points), intervient au lendemain d’un meeting de Raphaël Glucksmann aux Docks d’Aubervilliers, le 13 juin, qui a réuni ses soutiens sans pour autant constituer une déclaration de candidature officielle. Parallèlement, Jean-Luc Mélenchon a tenu un grand meeting à Saint-Denis quelques jours plus tôt, rassemblant plusieurs milliers de personnes et nombre de cadres de LFI. Les deux hommes incarnent désormais les deux principales options électorales à gauche, même si le reste de la gauche (communistes, écologistes) n’a pas encore arrêté de stratégie unitaire. La troisième hypothèse testée par OpinionWay, excluant les candidatures de Fabien Roussel (PCF) et Marine Tondelier (EELV), donne Mélenchon et Glucksmann à 16 % chacun, derrière Philippe (19 %) et le RN (34 %).
La question de l’unité Ce duel d’intentions de vote ravive les débats au sein de la gauche sur la nécessité d’une candidature unique pour espérer atteindre le second tour. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a récemment réaffirmé que Jean-Luc Mélenchon reste le seul capable de battre l’extrême droite en 2027, citant sa capacité à mobiliser au-delà de son camp. De son côté, Raphaël Glucksmann mise sur un élargissement de son socle électoral, notamment auprès des électeurs modérés et des déçus du macronisme, sans pour autant cesser de dialoguer avec les autres forces de gauche. Les marges d’erreur du sondage (jusqu’à 3,3 points) ne permettent pas de trancher entre les deux hommes, mais les données confirment une fragmentation persistante. Le RN, qui bénéficie d’une avance confortable, pourrait profiter de cette division si aucune union ne se dessine d’ici le scrutin.