Un meeting de lancement en grande pompe
Jean-Luc Mélenchon a donné le coup d’envoi de sa campagne présidentielle dimanche 7 juin sur le parvis de la basilique de Saint-Denis, rassemblant plusieurs milliers de sympathisants. Devant cette foule, le leader de La France insoumise (LFI) a déclaré que « c’est nous qui avons gagné l’honneur de marcher en première ligne », une formule qui enterre de facto toute perspective de primaire unitaire à gauche. Ce meeting musclé intervient alors que les composantes du reste de la gauche semblent encore en pleine confusion.
Les autres partis de gauche au point mort
Le week-end a en effet été marqué par les difficultés des autres formations progressistes à se structurer. Les communistes et Les Écologistes ont passé leurs journées à tenter de régler leurs querelles d’appareil et à mesurer leur audience respective, sans parvenir à dégager une stratégie commune. L’écart est saisissant entre la démonstration de force de Mélenchon et le piétinement de ses concurrents.
Une dynamique qui isole encore plus la gauche non insoumise
En avançant seul et en affirmant sa prééminence, Mélenchon accentue la pression sur les autres partis, qui peinent à exister médiatiquement et politiquement. Plusieurs cadres de la gauche non insoumise redoutent que cette accélération ne réduise encore leur espace et ne rende toute candidature alternative inaudible. Certains au sein du Parti communiste et chez Les Écologistes espéraient encore une désignation commune, mais le coup d’éclat de Saint-Denis semble avoir enterré cette hypothèse.
Une gauche en quête d’unité impossible ?
La séquence illustre les difficultés structurelles de l’opposition de gauche à s’unir derrière une candidature unique. Alors que Mélenchon capitalise sur une base militante solide et un discours radical, ses rivaux sont pris dans des luttes partisanes et des rivalités personnelles qui freinent toute tentative de rassemblement. Le temps presse pour ceux qui voudraient proposer une alternative crédible à la candidature insoumise, d’autant que le calendrier électoral avance et que les primaires pourraient n’être qu’un vœu pieux.