À six jours du verdict de la cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants parlementaires européens, Marine Le Pen a affiché sa sérénité et assuré ne pas redouter l'issue judiciaire. La présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée a indiqué, mercredi 1er juillet, que la peur ne comptait pas parmi ses sentiments et qu'elle continuerait à défendre ses idées, quelles que soient les conséquences.

« Quoi qu'il arrive, je ne serai pas morte. Quoi qu'il arrive, je continuerai à mener le combat pour mes idées », a-t-elle déclaré. Interrogée sur l'hypothèse d'une confirmation de sa peine d'inéligibilité, elle a répondu : « Non, je n'ai pas peur. La peur est un sentiment qui ne m'est pas familier. » Elle a également reconnu que la décision ne dépendait plus d'elle, tout en promettant de rester engagée aux côtés de Jordan Bardella, le président du RN, quel que soit le scénario.

Condamnée en première instance à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate pour détournement de fonds dans l'affaire des assistants parlementaires, Marine Le Pen saura le 7 juillet si cette sanction est confirmée en appel. Trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, ainsi qu'une amende de 100 000 euros ont également été requis à son encontre. Si la peine d'inéligibilité est maintenue au-delà de deux ans, elle ne pourra se présenter à la présidentielle ; Jordan Bardella serait alors le candidat du parti.

Dans son intervention, Marine Le Pen a écarté la possibilité de mener campagne avec un bracelet électronique, jugeant la chose impossible. « Si je peux être candidate, je serai candidate pour peu que je puisse faire campagne », a-t-elle dit. À défaut, elle a promis de se mobiliser en faveur de son dauphin. Le parti a déjà préparé une campagne pilotée par Julien Sanchez, vice-président du RN, comme l'a rapporté une source proche du parti.

L'affaire des assistants parlementaires européens, instruite depuis plusieurs années, met en cause des emplois présumés fictifs au Parlement européen. Le jugement en appel, très attendu, pourrait rebattre les cartes de l'élection présidentielle à venir. Marine Le Pen, qui brigue un quatrième mandat, a fait de cette bataille judiciaire un argument politique, dénonçant une justice instrumentalisée.