Le gouvernement britannique a dévoilé mardi un plan d’investissement militaire longtemps attendu, qui alloue 5 milliards de livres au développement des drones et des systèmes autonomes. Le document, baptisé « defence investment plan » (DIP), a été présenté par le nouveau ministre de la Défense, Dan Jarvis, alors que le pays se prépare à participer au sommet de l’OTAN prévu en Turquie le 7 juillet.
Ce plan intervient après des négociations budgétaires tendues au sein de l’exécutif. Le Trésor et Downing Street ont finalement accepté une augmentation de 13,5 milliards de livres, un montant bien inférieur aux 28 milliards réclamés par le ministère de la Défense. Ce désaccord a conduit à la démission de deux responsables : le prédécesseur de Dan Jarvis, John Healey, et le ministre des Forces armées, Al Carns. Ce dernier a jugé le plan « pas assez transformateur » face à l’évolution rapide de la guerre.
Une priorité accordée à la guerre de drones
Le ministère de la Défense a indiqué que Jarvis avait réorienté le plan ces dernières semaines pour tirer les leçons des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. « En Ukraine et au Moyen-Orient, les systèmes sans pilote définissent les conflits », a déclaré le ministre. « Ce plus grand investissement jamais réalisé par le Royaume-Uni dans ces technologies en évolution aidera nos forces armées à rester en avance sur nos adversaires. »
Le plan prévoit notamment l’abandon du projet de remplacement de vieux navires de guerre au profit de la construction d’au moins six nouveaux bâtiments « hybrides », capables de déployer des drones. Une décision que les experts militaires jugent emblématique de la transformation des modes de combat.
Réactions politiques mitigées
Le Premier ministre Keir Starmer a salué un « investissement révolutionnaire » pour renforcer les forces armées sur terre, mer et air. Il a affirmé que ce plan « aidera à stimuler la croissance partout au Royaume-Uni, en donnant à notre base industrielle la confiance et le soutien nécessaires pour développer et déployer les technologies qui assureront la sécurité de notre pays longtemps à l’avenir ».
En revanche, l’opposition conservatrice a qualifié le plan de « trop peu, trop tard ». Les libéraux-démocrates ont dénoncé un financement « dangereusement insuffisant pour nos forces armées ». Des syndicats et des entreprises du secteur de la défense avaient mis en garde contre les retards répétés du plan, les qualifiant de menace pour l’emploi et la sécurité nationale.
Un calendrier contraint
Initialement attendu à l’automne 2025, le DIP a été repoussé à plusieurs reprises en raison de divergences budgétaires. Sa publication, mardi, intervient à quelques jours du sommet de l’OTAN en Turquie, où le Royaume-Uni devrait présenter ses engagements. Le ministre Dan Jarvis, qui a pris ses fonctions en avril après la démission de John Healey, a obtenu un financement supplémentaire de dernière minute, selon des sources gouvernementales non confirmées officiellement.
Le plan détaille également le financement des équipements et des infrastructures de défense pour la prochaine décennie, même si les critiques estiment que le montant global reste insuffisant face aux menaces actuelles, notamment en Europe de l’Est.