L'Office national des processus électoraux (ONPE) a proclamé, ce lundi 28 juin, l'élection de Keiko Fujimori à la présidence du Pérou. La candidate de la coalition fujimoriste a recueilli 50,13 % des voix, devançant son adversaire de centre gauche Roberto Sánchez. Ce dernier, crédité de 49,87 % des suffrages par les autorités, conteste la régularité du scrutin.
Dans une déclaration publique, le camp de Roberto Sánchez a annoncé son intention de déposer un recours auprès du Jury national des élections, afin d'obtenir une annulation partielle des résultats. Il dénonce « une fraude massive » et estime que des milliers de bulletins auraient été manipulés ou invalidés de manière illégitime. Sánchez a en outre lancé un appel à ses partisans pour qu'ils se rassemblent ce mercredi 30 juin sur la place des Armes de Lima, afin de faire pression sur les institutions électorales.
Une proclamation attendue malgré les contestations
Le processus de proclamation officielle, initialement prévu le 19 juin après la clôture des bureaux de vote à l'étranger, avait été repoussé en raison des plaintes déposées par les deux camps. Le 21 juin, l'ONPE avait achevé le recomptage de 99,9 % des votes, confirmant la tendance en faveur de Keiko Fujimori. La candidate fujimoriste, qui s'était déjà déclarée victorieuse le 9 juin au soir du second tour, a salué ce résultat et promis une « transition pacifique ».
Les observateurs électoraux de l'Union européenne et de l'Organisation des États américains (OÉA) ont validé la régularité du scrutin, tout en relevant « quelques anomalies techniques » sans incidence sur le résultat final. De son côté, le gouvernement sortant a appelé au calme et au respect de la décision des urnes.
Réactions internationales et tensions politiques
Plusieurs chefs d'État de la région ont adressé leurs félicitations à Keiko Fujimori, tandis que la communauté internationale suit avec attention la situation péruvienne. Le président du Chili a notamment qualifié l'élection de « pas vers la stabilité ». À Lima, des heurts ont éclaté entre forces de l'ordre et manifestants pro‑Sánchez aux abords du Congrès, où les débats sur la validation des résultats se poursuivent.
Keiko Fujimori, figure polarisante de la vie politique péruvienne, est la fille de l'ancien président Alberto Fujimori, condamné pour crimes contre l'humanité. Elle a centré sa campagne sur la sécurité et la croissance économique, séduisant notamment les électeurs des régions côtières. Roberto Sánchez, maire de Lima, prône une refonte de la Constitution et des politiques sociales renforcées.
Le nouveau mandat présidentiel doit débuter le 28 juillet, jour de la fête nationale. Le parti de Keiko Fujimori ne disposant pas de la majorité absolue au Parlement, elle devra composer avec une opposition fragmentée mais déterminée à bloquer son agenda législatif.