Le Royaume-Uni va consacrer une somme encore plus considérable à ses capacités de drones. Le nouveau secrétaire d'État à la Défense, Dan Jarvis, a obtenu du Trésor britannique un crédit supplémentaire de 1,5 milliard de livres sterling spécifiquement pour le développement et l'acquisition de drones, a-t-on appris de sources gouvernementales.

Cet apport financier s'ajoute aux 5 milliards de livres déjà prévus dans le plan d'investissement militaire publié il y a quelques jours. L'effort total en faveur des drones atteint ainsi 6,5 milliards de livres, soit une augmentation significative d'environ 30 % par rapport à l'enveloppe initiale.

Un feu vert obtenu sans l'aval du Premier ministre

Pour parvenir à ce résultat, Dan Jarvis a choisi de s'adresser directement au Trésor, court-circuitant le Premier ministre Keir Starmer, selon des informations concordantes. Cette méthode, peu conventionnelle dans le jeu politique britannique, traduit l'urgence ressentie par le nouveau ministre de moderniser rapidement les forces armées face aux menaces contemporaines, notamment la guerre en Ukraine et l'évolution technologique des conflits.

Le ministre a plaidé avec succès que les drones constituent un axe stratégique non négociable pour la défense du Royaume-Uni, nécessitant des moyens supplémentaires sans attendre les arbitrages budgétaires classiques.

Un plan déjà très ambitieux

Le plan d'investissement militaire global, dont la publication avait été plusieurs fois repoussée, prévoit une enveloppe totale pluriannuelle destinée à renforcer l'armée britannique. La part dédiée aux drones avait déjà été fixée à 5 milliards de livres, une somme jugée élevée mais insuffisante par certains responsables militaires et experts.

Avec ce nouveau crédit de 1,5 milliard de livres, le gouvernement entend accélérer la production de drones de combat, de surveillance et de logistique, ainsi que les programmes de recherche sur les essaims de drones et l'intelligence artificielle embarquée.

Réactions et implications

Ce coup d'accélérateur budgétaire a été salué par plusieurs élus conservateurs et travaillistes, bien que certains s'interrogent sur la méthode employée par Dan Jarvis. L'opposition a demandé des garanties sur le contrôle parlementaire des dépenses militaires.

L'annonce intervient alors que le secrétaire d'État à la Défense s'apprête à rencontrer ses homologues de l'OTAN. Jusqu'à présent, il se rendait à ces réunions sans feuille de route budgétaire claire ; ce nouveau financement lui donne désormais des arguments tangibles pour défendre les engagements britanniques au sein de l'Alliance atlantique.