L’antenne girondine du Planning familial a appris lundi 22 juin une décision qui met en péril son existence. L’Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine lui a signifié la suppression de 160 000 euros de subventions, soit environ un tiers de son budget annuel.

L’autorité sanitaire justifie ce retrait par le caractère non « probant » des actions menées par l’association, estimant que les indicateurs de santé sexuelle dans le département ne montrent pas d’amélioration suffisante. Des termes que les responsables de la structure jugent incompréhensibles au regard de la demande croissante qu’elles enregistrent.

« On n’a peut-être jamais eu autant besoin de nous », a réagi la coprésidente de l’association, qui dénonce une « douche froide » et une décision « hors sol ». Les salariées et militantes réunies dans les locaux de l’association ont qualifié la nouvelle d’humiliante et de violente. Elles redoutent que cette coupe budgétaire ne conduise à une liquidation judiciaire, faute de pouvoir maintenir les activités et les postes.

Fondé il y a près de soixante-dix ans, le Planning familial est un mouvement national reconnu pour son travail d’éducation à la sexualité, de prévention des infections sexuellement transmissibles et d’accompagnement des personnes victimes de violences. En Gironde, l’association assure des permanences, des interventions en milieu scolaire et des actions de sensibilisation auprès de publics vulnérables.

Les responsables de l’antenne ont appelé la ministre de la Santé à intervenir pour revenir sur cette décision, estimant que le service rendu à la population est essentiel, en particulier dans un contexte où les besoins en santé sexuelle et en droits des femmes restent importants.

Pour l’heure, l’ARS n’a pas précisé si cette suppression est définitive ou si elle pourrait être réexaminée. L’association, elle, se dit déterminée à se battre pour obtenir le maintien de ses financements et éviter la fermeture.