Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a vivement critiqué Israël dans une allocution télévisée samedi, dénonçant ce qu'il a qualifié de « politique de la terre brûlée » menée par l'armée israélienne dans le sud du pays. Ses déclarations interviennent alors que de nouvelles frappes israéliennes ont touché plusieurs localités frontalières et que les forces terrestres poursuivent leur avancée vers la ville de Nabatieh.

Des frappes qui ne respectent pas la trêve

La trêve officiellement entrée en vigueur le 17 avril entre Israël et le Hezbollah, mouvement libanais soutenu par l'Iran, n'a jamais été respectée sur le terrain. Les bombardements israéliens se poursuivent quotidiennement, tandis que les tirs de roquettes du Hezbollah vers le nord d'Israël se multiplient. Nawaf Salam a décrit ces attaques comme une forme de « punition collective » infligée à la population civile libanaise.

Selon des informations concordantes, un secouriste a été tué dans le sud du Liban par des tirs israéliens, tandis que les troupes de Tsahal continuent de progresser en direction de Nabatieh, l'une des principales agglomérations du sud du pays. Le Hezbollah, de son côté, a revendiqué plusieurs opérations contre des positions israéliennes frontalières.

Un contexte régional tendu

Cette escalade intervient dans un climat régional déjà très instable. Les États-Unis ont récemment averti l'Iran que des frappes pourraient être menées si aucun accord n'était trouvé sur le dossier nucléaire. Le président américain doit prendre une décision finale sur une proposition de compromis avec Téhéran. Le sort de cet accord pourrait influer sur la capacité de l'Iran à continuer d'armer le Hezbollah.

Aucune médiation en vue

Malgré les appels répétés de la communauté internationale, aucune médiation n'a permis de rétablir le cessez-le-feu. Le gouvernement libanais, qui n'a pas été partie prenante de l'accord d'avril, dénonce régulièrement les violations israéliennes. Nawaf Salam a appelé les grandes puissances à intervenir pour mettre fin à ce qu'il considère comme une agression contre la souveraineté libanaise.

Des conséquences humanitaires déjà lourdes

Le sud du Liban subit des destructions massives d'infrastructures civiles, provoquant le déplacement de plusieurs milliers de personnes. Les hôpitaux et les écoles sont régulièrement endommagés par les bombardements. La communauté humanitaire craint une aggravation de la crise si les affrontements continuent de s'intensifier.

Hezbollah promet de poursuivre ses tirs

De son côté, le Hezbollah affirme vouloir maintenir la pression sur Israël tant que les troupes israéliennes n'auront pas quitté le territoire libanais. Les échanges de tres sont quotidiens le long de la frontière, et plusieurs localités israéliennes du nord sont visées par des roquettes. Le gouvernement israélien n'a pas commenté les accusations libanaises mais soutient que ses opérations visent uniquement les infrastructures du Hezbollah.

Un conflit sans horizon de désescalade

L'absence de tout mécanisme de suivi de la trêve et la profonde méfiance entre les deux camps laissent peu d'espoir d'une désescalade rapide. Les efforts diplomatiques, notamment via la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), n'ont pas permis de stabiliser la situation.

Le Premier ministre libanais a conclu son allocution en appelant la communauté internationale à ne pas rester silencieuse face à ce qu'il a décrit comme une guerre d'extermination menée contre le peuple libanais. Il a réaffirmé la détermination de son gouvernement à défendre l'intégrité territoriale du pays, tout en soulignant les limites de ses capacités face à une armée israélienne bien supérieure.

Regard vers l'avenir

À ce stade, ni l'ONU ni les grandes puissances n'ont annoncé de nouvelle initiative pour tenter de rétablir le cessez-le-feu. Les prochains jours pourraient être décisifs, avec des frappes israéliennes qui semblent se rapprocher des grandes villes du sud. La population libanaise craint une nouvelle vague de destruction similaire au conflit de 2006.