Alors que la cour d'appel doit rendre son jugement dans les prochaines heures dans l'affaire des assistants parlementaires européens, la présidente du groupe Rassemblement national a choisi de maintenir le cap. Marine Le Pen a déclaré que son binôme avec Jordan Bardella constituait un « ticket gagnant » pour la présidentielle de 2027, précisant que le président du parti serait appelé à occuper le poste de Premier ministre en cas de victoire.

« Nous formons un binôme solide, complémentaire, et je suis convaincue que les Français sauront reconnaître notre capacité à gouverner », a-t-elle affirmé, selon des propos rapportés. Cette déclaration intervient alors que son avenir judiciaire est suspendu à une décision qui pourrait l'empêcher de se porter candidate, en raison d'une éventuelle peine d'inéligibilité.

Une réponse cinglante de Gabriel Attal

L'ancien Premier ministre n'a pas tardé à réagir. Gabriel Attal a dénoncé ce qu'il a qualifié de « dimension morale » de la candidature de Marine Le Pen, rappelant qu'elle a été « condamnée à deux reprises » par la justice. « On ne peut pas prétendre incarner une fonction aussi exigeante que la présidence de la République quand on a été reconnue coupable de détournement de fonds publics », a-t-il lancé.

L'ancien locataire de Matignon a également souligné que la probité et l'exemplarité étaient des conditions indispensables pour exercer les plus hautes responsabilités. Ses propos visent à fragiliser la stratégie de normalisation électorale du parti d'extrême droite, à quelques jours du scrutin de 2027.

Un verdict attendu sous tension

La formation politique dirigée par Jordan Bardella s'efforce depuis des semaines de présenter un front uni face aux incertitudes judiciaires. Marine Le Pen avait déjà été condamnée en première instance dans cette affaire, et la confirmation en appel de sa peine d'inéligibilité la priverait de toute candidature à l'Élysée. Dans cette hypothèse, le nom de Bardella circulerait comme candidat de substitution.

Les déclarations de la triple candidate à la présidentielle visent à rassurer ses troupes et à maintenir la dynamique électorale. Le parti, qui caracole en tête des sondages d'intentions de vote, mise sur la continuité entre la figure historique et la nouvelle génération.

Une bataille politique et judiciaire

Au-delà des invectives, cette passe d'armes illustre la polarisation croissante autour de l'élection à venir. Pour ses adversaires, la question de l'éligibilité de Marine Le Pen est devenue un argument central. Pour ses partisans, il s'agit d'une tentative de contournement des urnes. Le Rassemblement national a d'ores et déjà annoncé son intention de saisir les voies de recours si la décision judiciaire lui était défavorable.

En attendant, le duel entre Marine Le Pen et Gabriel Attal préfigure la campagne à venir, où la confrontation portera autant sur les programmes que sur la légitimité personnelle des candidats.